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Filière lait/Organisations Thierry Roquefeuil se représente à la présidence du Cniel

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En juillet 2015, à la suite d’un blocage au sein de la Maison du lait, Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), démissionnait. Depuis, la crise laitière a été reconnue à Bruxelles et même Lactalis a plié devant les éleveurs en concédant une hausse de la paye de lait pour la fin de l’année. La donne a changé.

Je suis à nouveau candidat à la présidence de l’interprofession ", a annoncé Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), le 7 septembre, en conférence de presse. " Je pars pour faire plus d’interprofession et pas moins ", avait-il justifié à l’époque. Il avait démissionné en juillet 2015 du Cniel et présentera donc de nouveau sa candidature à la présidence aux prochaines élections le 20 septembre. Il évoque " un lien à retrouver dans la filière laitière, un sens, un avenir à redonner à nos jeunes. […] Nous sommes là aujourd’hui pour démontrer que notre travail s’inscrit dans le temps. On ne lâchera rien ". Ces déclarations font suite au conflit qui s’est tenu durant plusieurs semaines entre les producteurs et le groupe Lactalis pour une augmentation de la paye du lait. " Durant cette crise, le syndicalisme a tenu son rôle de lanceur d’alerte et les organisations de producteurs ont tenu leur rôle dans la négociation ", observe-t-il. Il note également l’importance du soutien des consommateurs. " C’est important car au-delà de ce que l’on défend, des consommateurs se sont reconnus " dans notre combat, continue-t-il, en insistant : " Cela suffit, des grosses entreprises qui gagnent de l’argent sur notre dos ! ". Selon lui, " ces témoignages de consommateurs nous font penser qu’il faut continuer à avoir un lien fort avec eux. On ne pourra pas continuer à être producteur de lait si on ne produit pas un lait voulu par le consommateur ".

Consommateurs et distributeurs au Cniel

Thierry Roquefeuil évoque l’entrée d’associations de consommateur dans l’interprofession. La distribution doit déjà y figurer en septembre, même si elle ne sera pas représentée par un collège." Le rôle de l’interprofession, c’est le partage de la valeur ajoutée ", estime également Thierry Roquefeuil. Un discours que la Fédération nationale des industries laitières (Fnil) n’est sans doute pas prête à entendre puisqu’une semaine plus tôt, Olivier Picot, son président, affirmait que le problème dans la filière laitière " ce n’est pas un problème de partage de la valeur. Chacun a de la valeur à créer ", renvoyant la balle au producteur. " S’ils [les industriels] continuent à ne pas admettre qu’il y a une question de partage de la valeur ajoutée, alors on ira demander à des industriels étrangers s’ils sont intéressés par la valeur ajoutée produite par les producteurs français ! ". Pour autant Thierry Roquefeuil se veut confiant dans le fonctionnement de l’interprofession : " Ce n’est pas super-constructif de rester tout le temps dans le conflit ". D’après lui, la filière bouge, " peut-être que de nouveaux hommes vont arriver ".

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La FNPL mobilisée sur la loi Sapin II et le décret sur l’origine des produits laitiers dans les plats préparés

Le 7 septembre, lors d’une conférence de presse de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), André Bonnard, vice-président, s’est arrêté sur les deux autres chevaux de bataille de la FNPL pour les mois à venir : la loi Sapin II et le décret sur l’étiquetage de l’origine des produits dans les plats préparés. " Tel qu’il est aujourd’hui, le projet de Loi Sapin II nous va. Mettre dans les conditions générales de ventes, le prix payé au producteur paraît à d’autres membres de la filière comme impossible. Pourtant, c’est ce qu’ils font indirectement depuis des années. […] L’esprit de la loi Sapin II, c’est : vous contractualisez pour des niveaux de prix confortables pour tout le monde, donc avec le prix payé au producteur, et cela vous allez le mettre dans un accord-cadre ", analyse André Bonnard. Concernant le décret sur l’origine des produits laitiers dans les plats préparés, pour lui, " soyons honnêtes, il ne répond pas à la question. Il passe à côté du vrai enjeu puisque les entreprises achetant du fromage à l’étranger n’y seront pas soumises. Le débat avec les industries agroalimentaires reste total." Thierry Roquefeuil, président du syndicat, souligne cependant la reconnaissance des logos origine France, déjà en place, "qui vont pouvoir s’étendre à d’autres produits ".