L'avenir de Tilly Sabco se joue actuellement. Le site est à l'arrêt depuis le début de la semaine dernière. Faute d'être payés, les fournisseurs ont en effet progressivement arrêtés de livrer la marchandise. Echaudés une première fois lors de la liquidation en 2014, les 200 salariés se sentent abandonnés et bafoués. Et ils n'ont pas forcément tort. Depuis février 2016, l'actionnaire et président du directoire de Tilly Sabco, le britannique Idriss Mohammed également directeur opérationnel de la société MS Foods, est aux abonnés absents. Une réunion programmée la semaine dernière sur le site de Tilly a été annulée in extremis, sans que les salariés ne connaissent la raison de ce report, ni n'obtiennent une autre date... Ils ont finalement rencontré un représentant de la CCI de Morlaix « qui a apporté un peu d'humanité » indique Corinne Nicole, déléguée du personnel de Tilly, mais celui-ci « n'a pu lever aucune de nos inquiétudes étant donné que la CCI n'est pas partie prenante dans la gestion de l'entreprise. Il nous a seulement assuré que des négociations étaient en cours ».
Si l'on s'en tient aux dernières annonces faites aux salariés fin avril, Idriss Mohammed devrait reprendre la majorité du capital (76 %) de la société, après cession pour 1 euro symbolique, de 42 % des parts détenus par la CCI de Morlaix, qui resterait minoritaire. En contrepartie « MS Foods s'était engagé à injecter 1 million d'euros pour recapitaliser Tilly Sabco et 2 millions dans une nouvelle chaîne de poulet frais », confirme Corinne Nicole, représentante du personnel chez Tilly Sabco. L'objectif visait à atteindre une production de 250 000 poulets par semaine d'ici la fin de l'année, avant d'arriver à 450 000 en 2017 – on en est loin aujourd'hui –.
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Déjà l'époque, cette perspective de changement d'actionnaire n'avait guère enthousiasmé les salariés, déjà confrontés depuis plusieurs mois au silence d'Idriss Mohammed. « On y croyait plus depuis février déjà », rappelle Corinne Nicole. Livrés à eux-mêmes depuis cette date, les salariés, dont les salaires de juin ont été versés, attendent les résultats d'un audit financier financé par le conseil régional de Bretagne. Ils ont par ailleurs adressé un courrier au procureur de la République.