Les négociateurs de 32 Etats membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sont parvenus à définir les modalités de négociation pour améliorer l’accès aux marchés des produits agricoles et transformés, lors d’une réunion, du 11 au 13 juillet, à Dalian, en Chine. « Je pense que les choses ont véritablement avancé aujourd’hui », a déclaré Mariann Fischer-Boel, la commissaire européenne à l’Agriculture.
Je suis pessimiste, mais j’espère que j’ai tort ». Le directeur général de l’OMC, Supachai Panitchpakdi reconnaît pourtant que « des progrès ont été réalisés dans certains domaines », mais « savoir si ces progrès seront suffisants pour garantir le succès des programmes de travail (…) est une autre affaire», met-il en garde. La tonalité était plus positive dans les rangs de certains négociateurs des pays membres de l’OMC réunis en Chine, à Dalian, du 11 au 13 juillet pour faire avancer le processus de Doha qui vise à libéraliser le commerce mondial.
Mariann Fischer-Boel a accueilli favorablement la proposition concrète des pays émergents du G20 (Brésil, Inde, Afrique du Sud, etc.) pour l’accès aux marchés agricoles. Ces pays suggèrent une formule de réduction des droits de douane différenciée entre pays développés et en développement, sur la base d’un compromis déjà élaboré à Genève et prévoyant la répartition des droits par tranches, les plus élevés devant faire l’objet des baisses les plus fortes.
Le G20 propose que cette répartition soit effectuée en quatre tranches, avec une diminution uniforme des droits à l’intérieur de chaque tranche, pour les pays en développement et en cinq pour les pays développés, afin d’accélérer les réductions pour ces derniers. Les tarifs douaniers maximums pourraient atteindre un plafond de 150 % pour les pays en développement, contre 100 % pour les pays riches.
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Moins positif que la responsable européenne, le ministre américain à l’Agriculture, Mike Johanns, estime que « tout le monde partage un sentiment d’urgence. La conférence de Hong-Kong n’est pas très loin, il ne reste pas beaucoup de temps». Et Peter Mandelson, le commissaire européen au commerce de surenchérir : « La question est : peut-on réussir à Hong Kong? La réponse est oui, mais pas à ce rythme». D’autant que, même sur l’accord issu de la réunion de Dalian, certaines délégations, à l’image de la Suisse, importateur net de produits agricoles, se montrent sceptiques.
Mettre la Pac sous pression
« Si le cycle (de Doha) échoue, cela fera faire machine arrière aux efforts de libéralisation commerciale et d’accès aux marchés dans de nombreux pays pour une génération, avec tout ce que cela représente d’occasions sociales perdues et d’instabilité politique, a dit M. Mandelson. Si le cycle réussit de manière ambitieuse, il apportera un supplément allant jusqu’à 300 milliards d’euros à l’économie mondiale ».
De façon moins officielle, le commissaire britannique aurait assuré les Etats membres de l’Union européenne, lors du Conseil Agricole du 18 juillet, que le Royaume-Uni ne se servirait pas des négociations internationales pour mettre la Politique agricole commune sous pression. Et ainsi parvenir à ses fins concernant la réorientation du budget communautaire.