Abonné

Commerce extérieur Tokyo entr’ouvre son marché aux produits carnés français

- - 4 min

En visite au Japon, le ministre français de l’Agriculture a obtenu de son homologue japonais de débloquer plusieurs dossiers de barrières aux échanges, qu’il s’agisse de volaille et de foie gras ou de viande de porc. Des négociations doivent aussi reprendre sur la viande bovine.

Le Japon reprendra le 18 juin ses importations de volailles et de foie gras français, a annoncé depuis Tokyo le ministre français de l’Agriculture, Dominique Bussereau. Cette date lui a été confirmée par le ministre japonais de l’Agriculture, Shoichi Nakagawa, qu’il a rencontré à l’occasion d’un déplacement au Japon.

Cette levée de restrictions interviendra au lendemain du jour où la France va retrou-ver son statut de pays indemne au regard des normes sanitaires internationales, a précisé le ministre.

Tokyo avait suspendu les importations de volailles françaises et de produits dérivés, le 25 février dernier, après la découverte d’un cas de virus H5N1 dans un élevage de l’Ain. Des discussions sont toutefois toujours en cours entre la France et le Japon au sujet du département des Landes, où 10% des établissements pratiquent la vaccination, le Japon ne souhaitant pas importer de volailles vaccinées. Le Japon est le quatrième client du foie gras français après l’Espagne, la Suisse et la Belgique avec des importations de près de 400 tonnes (dont plus de la moitié congelée).

Par ailleurs, sur le dossier de la viande de porc, le gouvernement japonais a également accepté de « lever les mesures de surveillance qui pesaient encore sur deux départements français » de l’est de la France, « les Ardennes et la Meuse », où un périmètre de sécurité avait été mis en place à la suite d’une épisode de peste porcine, a annoncé M. Bussereau.

La France et le Japon vont également essayer de « progresser pour trouver une solution » sur la question des droits de douane « prohibitifs » que Tokyo impose sur la viande de porc, en particulier la viande congelée.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

importations
Suivi
Suivre

Concernant l’embargo sur la viande bovine, les deux pays se sont également engagés à reprendre les négociations dès le mois de juin pour examiner les conditions de levée de l’embargo imposé à la suite de découverte de cas de vache folle en France. La rapidité de ces discussions dépendra toutefois de celles déjà en cours entre Tokyo et Washington, a précisé M. Bussereau.

Le 9e client de la France

En matière agroalimentaire, la France souhaite renforcer sa présence sur le marché japonais, neuvième client de l’Hexagone mais ne représentant que 2,5% des exportations françaises. « La France veut aller plus loin que l’image de luxe au Japon en allant vers des produits de plus grande consommation », a expliqué le ministre, qui a également rencontré des importateurs et distributeurs de produits agroalimentaires français au Japon.

Il s’agit non seulement de renforcer la présence des produits les mieux vendus comme les vins spiritueux (50% des exportations), les viandes, l’épicerie et les conserves, mais aussi de développer les produits laitiers, les fruits et les légumes.

Les réglementations exigeantes du Japon en matière sanitaire, des restrictions administratives, ainsi que le problème de l’appréciation de l’euro demeurent les principaux obstacles au développement des produits français au Japon.

La France est le premier fournisseur de produits agroalimentaires du Japon de l’Union européenne, un marché qui représente un milliard d’euros en valeur, devant le Danemark.