Un récent rapport du CGAAER préconise une révision du mécanisme du prix d’entrée dont bénéficient les exportations de tomates marocaines.
Dans un contexte d’augmentation des importations de tomates marocaines, « débordant » régulièrement sur la période de production hexagonale, et provoquant la colère des producteurs, le CGAAER (ministère de l’Agriculture) préconise, dans un rapport publié le 3 février, une modification du mécanisme du prix d’entrée de l’Union européenne qui régit les importations de tomates marocaines, pour intégrer la montée en gamme de ces flux, notamment vers les tomates cerises. « Le mécanisme du prix d’entrée n’a pas évolué de façon parallèle à la valeur forfaitaire à l’importation et ne prend pas en compte les variétés de tomates à plus forte valeur qui ont conquis les marchés. (Il) ne permet plus de répondre totalement aux objectifs qui étaient les siens lors de la négociation de l’accord » entre l’Union européenne et le Maroc », expliquent les auteurs.
Le rapport rappelle que les préférences tarifaires pour les tomates marocaines fraîches offertes par l’accord UE/Maroc de 2012 avaient poussé les producteurs marocains à réorienter leur production (et leurs exportations) vers des variétés à plus forte valeur ajoutée de petit calibre, comme les tomates cerises : « Cette évolution a d’autant plus été encouragée par les autorités qu’elle répondait à la demande des marchés, y compris français ».
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Différencier selon le type de tomate
Mais même sur ce marché spécifique, ils ne sont pas assez protégés, et les récentes évolutions réglementaires n'ont pas résolu le problème ; l’entrée en vigueur d’un nouveau code douanier en janvier 2025 pour les tomates fraîches de calibre inférieur à 47 mm « n’a pas été pas associée à une nouvelle valeur forfaitaire à l’importation ni à un nouveau prix d’entrée », indique le rapport. Ainsi, la mesure « ne résoudra pas le problème des importations marocaines qui entrent à 100 % sans paiement de droits spécifiques car leur valeur dépasse le prix d’entrée ».
Sans modification, le rapport considère qu’il sera difficile d’éviter « l’accentuation prévisible du phénomène compte tenu des plans de développement important de la filière maraîchère marocaine ». Et de profiter de ce nouveau code douanier pour « susciter une discussion à ce sujet avec les États Membres du groupe fruits et légumes, en particulier l’Espagne qui est alignée sur cette analyse, et la Commission européenne ». Seule solution de court terme : engager un « dialogue constructif entre filières professionnelles françaises et marocaines » autour des pics de production français.