Le marché de la tomate était bien orienté en 2023 pour les coopératives Solarenn et Savéol. L’augmentation du prix moyen a dépassé la légère baisse de leurs volumes. Le chiffre d’affaires de Solarenn (Saint-Armel, Ille-et-Vilaine) a progressé de 4,5 % à 57 millions d’euros, celui de Savéol (Plougastel-Daoulas, Finistère) de 2 % à 234 millions d’euros, ont communiqué leurs dirigeants le 18 avril. Pourtant, leur volume a quelque peu baissé. Solarenn a mis en marché 5 000 tonnes de moins que l’année précédente (25 000 tonnes issues de 26 exploitations maraîchères) parce que, dit-elle, « la part des petits fruits (30 kilos au mètre carré par an contre 60 kilos pour les grappes) a progressé ». La gamme des cultivées sans pesticides issues de l’alliance Nature et Saveurs (avec Savéol et Prince de Bretagne) a également gagné 5 % à 4 000 tonnes, tout comme sa production de fraises passée de 80 tonnes à 120 tonnes de fraises en un an. Autant d’éléments qui ont contribué à augmenter la valeur produite.
Savéol a également perdu « entre 3 000 tonnes et 5 000 tonnes sur l’année (90 producteurs spécialisés, 70 000 tonnes en 2023 NDLR) à cause de retards en production que nous n’avons pas rattrapés et de virus qui ont frappé deux exploitations », explique le président de Savéol Pierre-Yves Jestin. Savéol table cette année sur une production de 75 000 tonnes de tomates et 2 800 tonnes de fraises issues de 37 exploitations spécialisées. Les deux coopératives ont continué d’investir en 2023 (300 000 euros pour Solarenn, 2 millions pour Savéol), notamment pour adapter leurs lignes de conditionnement aux emballages autres que plastiques, comme les y oblige la loi AGEC.
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Reste que sur le plan commercial, la menace marocaine se fait toujours plus pressante. Une concurrence à des prix très agressifs dont se plaignent régulièrement les deux coopératives. La moitié des tomates consommées en France sont importées, « très fortement du Maroc », selon le président de Savéol.