La présidence française de l’Union européenne démarre en fanfare. En s’affirmant résolument contre un accord à l’OMC tel qu’il se présente actuellement, en brandissant l’éventualité d’une suppression de 100 000 emplois si cet accord est signé, Nicolas Sarkozy a donné le ton d’une présidence qui n’hésitera pas à heurter de front la Commission européenne. Le négociateur, Peter Mandelson, s’y est tellement peu trompé qu’il a aussitôt réagi en estimant que les Français lui sapaient son mandat. Il y a fort à parier que ce nouveau semestre sera émaillé d’un grand nombre d’incidents de ce genre.
Le président français a son style qui tranche en tout point avec le langage feutré des membres de la Commission.
La question est surtout de savoir si la stratégie de Nicolas Sarkozy est bonne pour que, in fine, l’accord éventuellement signé à l’OMC soit équilibré. Et qu’il préserve, parmi d’autres, les intérêts d’une France attachée à son agriculture et d’une Europe dont la seule politique commune est justement la politique agricole.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Si, comme on l’a trop souvent constaté, il s’agit de faire de l’obstruction pour, finalement, devant un accord sur les mêmes bases, expliquer que les avantages l’emportent sur les inconvénients, tous ces efforts auront été vains.
Si, en revanche, quitte à frôler la crise, les négociateurs parviennent à faire évoluer le contenu d’un accord OMC, cela aura valu le coup. Mais en a-t-on encore le temps ? La France a réussi à rallier une vingtaine de pays membres à sa cause face à l’OMC. Un résultat qui doit beaucoup aux efforts de Michel Barnier. Diligentée par la France, une rencontre le 18 juillet doit faire en sorte que cette entité s’exprime pour peser sur les négociations. Ce sera le premier grand test pour la présidence française.