Mystère. La négociation sur le prix du lait qui s’est déroulée dans le cadre de l’interprofession (Cniel), le 14 octobre, a eu lieu dans un endroit tenu secret. Raison plausible : une volonté de discrétion dans un contexte où la Répression des fraudes a l’interprofession laitière dans le collimateur. Raison moins avouable : ne pas se trouver confronté, une fois de plus, à des responsables de la Confédération paysanne, exclus de l’interprofession, demandant à participer aux débats. Le 9 octobre déjà, lors d’une réunion similaire à la Maison du lait, le syndicat avait trouvé porte close.
Aujourd’hui, après l’échec des négociations, l’ensemble des syndicats de producteurs appellent à la mobilisation. Tous d’accord pour demander un prix du lait corrélé aux coûts de production. L’union fait la force, dit le proverbe. Et si c’était vrai ?
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On connaît par cœur les arguments des uns et des autres sur cette question. On se souvient que les actions de la Confédération paysanne vis-à-vis du Cniel, il y a quelques années, n’étaient pas d’une grande élégance. On constate que la Coordination rurale a pris le parti de tenter de régler ses problèmes devant la justice. On sait aussi que la FNSEA a fait de ce sujet un casus belli. Le ministre Michel Barnier, qui a eu le courage de mettre la question du pluralisme dans les interprofessions sur la table, n’a pas eu celui de trancher. La période de crise que connaît la filière laitière aujourd’hui n’est peut-être pas le bon moment pour faire la « révolution » dans l’interprofession. Mais celle-ci ne doit pas se tromper de combat. C’est bien l’intérêt général des producteurs qui est en jeu.