Abonné

Tossolia veut faire sortir le tofu de sa niche

- - 4 min

L’entreprise provençale Tossolia fête son trentième anniversaire avec un plan d’investissement ambitieux. Avec le lancement d’une nouvelle gamme de tofus cuisinés, elle espère se faire connaître au-delà de son public habituel et gagner en notoriété.

Et si le tofu devenait grand public ? C’est le pari de Tossolia avec le lancement en novembre dernier de sa nouvelle gamme de tofu cuisiné et prêt à être consommé froid ou chaud, les Suprêmes de tofu. « On espère intéresser les flexitariens », résume Séverine Breysacher, directrice générale de l’entreprise. « C’est une étape vers le tofu brut. » Même si la gamme est commercialisée dans les magasins bio, Séverine Breysacher y voit un moyen d’attirer un public tenté par une alimentation plus végétale mais intimidé par cet ingrédient encore méconnu qu’est le tofu, la spécialité de l’entreprise provençale.

Fondé en 1990 à Revest-du-Bion (Alpes-de-Haute-Provence) par Joël Pichon, Tossolia est alors pionnier d’un marché qui deviendra porteur : le tofu et les préparations végétales. C’est après l’avoir découvert lors d’un voyage à Montréal que Joël Pichon décide de se lancer, même si cet ingénieur de formation le reconnaît volontiers : « Quand j’ai rencontré le tofu en 1983, je ne pensais pas en faire mon métier. » Bien avant la popularisation récente du végétarisme et du végétalisme, l’entreprise mise sur une gamme entièrement bio et produite localement à partir de soja français. Autre particularité, le statut de SCOP. Joël Pichon tient dès la fondation de Tossolia à créer « un outil appartenant aux salariés ». « Un homme, une voix », pour plus de démocratie dans l’entreprise. Aujourd’hui, ce sont vingt-cinq associés qui font entendre leur voix et décident du destin de cette coopérative de 35 salariés, qui affiche un chiffre d'affaires de 4,3 millions d’euros en 2020. Le choix de s’installer en milieu rural pour soutenir l’activité de ce territoire est lui aussi mûrement réfléchi. Des valeurs fortes que continue de porter l’entreprise, qui espère obtenir la certification « Bio entreprise durable » cette année.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Investir pour gagner en notoriété

Même si depuis les années quatre-vingt-dix la concurrence s’est accrue, Joël Pichon a su faire de Tossolia une marque reconnue, présente dans près de 800 magasins bio de France. Il passe les rênes de l’entreprise à Séverine Breysacher en novembre 2019, à la veille de la crise du Covid-19. L’année 2020 sera marquée par une activité moins élevée que prévu. Dès lors, la SCOP provençale met les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu. « Nous visons une croissance de 10 % de notre chiffre d’affaires en 2021 », confirme Joël Pichon. Pour cela, Tossolia investit dans son activité. Un plan d’investissement de 850 000 euros financé par un prêt bancaire et une aide européenne a été lancé en fin d’année dernière et pour les deux prochaines années. En plus d’équipement de production supplémentaire pour sa nouvelle gamme, Tossolia veut se renforcer dans le commercial et le marketing. « Nous devons avoir une présence sur le terrain pour essayer de nous faire connaître, comme c’est le cas pour les grands groupes », insiste sa directrice générale. Séverine Breysacher veut aussi continuer à investir dans son site de Revest-du-Bion afin d’améliorer les conditions de travail de ses salariés. Mais ce n’est pas tout. À plus long terme, d’autres axes de développement sont à l’étude. Ainsi, elle envisage même de lancer ses produits à l’export. Et pour compléter son activité B2C, Tossolia songe à conclure des partenariats avec des acteurs de la transformation et de la RHF afin de proposer ses produits au plus grand nombre, notamment dans les cantines.