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Totem renouvelle la pause repas au bureau

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La jeune société propose une offre de repas, de snacking et de boissons en libre-service dans les entreprises de région parisienne. Elle se rapproche d’industriels et de restaurateurs pour apporter de la variété dans les repas des salariés.

Ce n’est pas par hasard si Rafaël de Lavergne, fondateur de Totem, utilise le mot de « magasin » pour décrire son offre de repas, snacking et boissons dans les entreprises. La jeune entreprise installe en effet des meubles et des réfrigérateurs, à mi-chemin entre le comptoir de restaurant et la supérette, où sont proposés les plats, les boissons ou les produits d’épicerie sucrée et salée. Le principe est simple : chaque salarié utilise une appli développée par Totem pour scanner le code-barres de chaque produit. Le montant est réglé en tickets restaurants ou par l’entreprise.

« Dans la cinquantaine d’entreprises de la région parisienne où nous avons installé nos magasins, les utilisateurs réalisent en moyenne deux actes d’achat et dépensent environ 130 euros par mois », indique Rafaël de Lavergne. Selon le dirigeant, l’offre de Totem permet d’apporter de la souplesse face à des habitudes qui changent vite du côté des salariés, surtout à l’heure de l’émergence du télétravail qui entraîne de fortes variations du nombre de salariés sur un même site. « Les attentes des entreprises évoluent aussi : certaines veulent une offre plus flexible qu’une cantine ou compléter l’offre de restauration collective qu’elles ont déjà », constate Rafaël de Lavergne. À côté des repas, les pauses alimentaires prennent de plus en plus de place. Dans les entreprises où Totem est présent, les salariés utilisent le service en moyenne deux fois par jour. Et 45 % du chiffre d’affaires sont issus des pauses.

Totem veut se démarquer de la concurrence par la variété et l’origine de son offre. Plutôt que des produits sans marque ou à son effigie, la jeune entreprise met en avant soit des marques existant déjà dans la grande distribution, soit des restaurants qui ont développé une offre adaptée à la livraison et au réchauffage. En décembre 2020, Totem a ainsi lancé une offre de plats (cinq entrées, cinq plats et cinq desserts) confectionnés par le restaurant Bouillon Pigalle. En janvier, un accord doit être concrétisé avec Planet Sushi. Au total, Totem affirme travailler actuellement avec 65 fournisseurs différents.

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« Notre application nous permet de très bien connaître les habitudes de consommations des clients, des données précieuses pour affiner notre offre aux attentes et aussi pour les industriels et restaurateurs avec lesquels nous travaillons », constate Rafaël de Lavergne. C’est aussi grâce à cet outil que Totem sollicite les utilisateurs pour faire des relevés du stock de plats dans les magasins (contre des bonus) ou les inciter à lutter contre le vol en promettant de reverser une partie des bénéfices à des œuvres caritatives.

Avec la crise de la Covid-19, Totem a subi un brusque coup de frein à son activité, qui évoluait avant le confinement au rythme de 200 000 à 300 000 euros par mois de chiffre d’affaires. « En 2020, Totem prévoit un chiffre d’affaires entre 1 et 2 millions d’euros, puis 4 à 5 millions en 2021 », selon son dirigeant. À côté de l’offre de magasins fixes, Totem propose aussi des livraisons groupées aux entreprises, une solution adaptée au contexte actuel de fréquentation très variable des salariés au bureau.

En juillet 2020, Totem a réalisé une levée de fonds en capital de 4 millions d’euros auprès du finlandais Maki Ventures, chef de file, et des investisseurs historiques Samaipata Ventures (Madrid) et Tekton (San Francisco) entrés au capital lors de la première levée de fonds en avril 2018 (1,85 million d’euros levé). Dans les prochains mois, la société va poursuivre le recrutement de nouvelles entreprises clientes, idéalement celles comptant entre 50 et 500 salariés, afin d’atteindre le cap des 1 000 magasins en trois à cinq ans. Des objectifs qui nécessiteront une nouvelle levée de fonds fin 2021 ou début 2022 que Rafaël de Lavergne (actionnaire majoritaire avec son associé Pierre Gallet) évalue idéalement à plus de 10 millions d’euros.