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Filière porcine Toujours des tensions au marché au cadran

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Pour la quatrième semaine consécutive, près d'une centaine d'éleveurs ont manifesté leur désarroi au marché au cadran de Plérin, le 5 mars. Les représentants professionnels ont appelé les éleveurs au calme et demandé à ce que le cadran soit sanctuarisé.

« On est à bout, ça va mal finir ! », « On ne peux plus continuer comme ça. Il faut se bouger ! » La tension était encore à son comble, le 5 mars, au marché du porc de Plérin dans les Côtes d'Armor, où se fixe chaque semaine le prix de référence du porc français. Pour la quatrième semaine consécutive, des éleveurs, une centaine ce matin-là, ont occupé les bâtiments Maison du porc et interpellé vivement les représentants des groupements et des syndicats présents, pendant que les ventes se déroulaient dans la salle voisine. Les éleveurs se sont déplacés alors que la FDSEA des Côtes d'Armor, à l'origine des précédentes mobilisations, n'avait pas renouvelé son appel, ce 5 mars. « Il y a eu une très forte tension la semaine dernière ; cette semaine, nous voulons que cela se passe bien », a demandé Michel Bloc'h, président du groupement Triskalia. Consigne respectée. La séance s'est terminée au bout d'une heure, sans encombre cette fois, sur une légère hausse de 0,5 centime à 1,218 euro le kilo, qui ne satisfait pas les éleveurs, qui réclament une cotation à 1,5 euro le kilo. A la fin de la séance, la FRSEA Bretagne a annoncé une action le 8 mars dont on sait seulement qu'elle se déroulera en Bretagne. « On va aller au clash, on est sur la neuvième année de crise, on ne gagne plus d'argent, ça risque de se terminer en saccage de magasin, prédit un éleveur. Toutes les semaines, on voit les noms apparaître dans le Télégramme de gens placés en redressement judiciaire. C'est dramatique !».

La profession demande que le cadran soit sanctuarisé

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La majorité des éleveurs de porcs bretons ont reçu un courrier du Comité régional porcin (CRP) Bretagne, daté du 2 mars, dans lequel la structure, qui représente le syndicalisme majoritaire et les groupements de producteurs bretons, condamne le blocage du marché du porc breton (MPB), à Plérin le 26 février. « Nous comprenons l'exaspération des éleveurs », explique la lettre, mais « nous n'accepterons aucun blocage du MPB ». Et de poursuivre : « Même si certaines actions syndicales de ces dernières semaines ont eu des effets positifs sur le comportement des acheteurs de la GMS et de certains transformateurs, chaque éleveur doit être conscient que le prix ne peut être influencé durablement par une pression au cadran ». Le président du groupement de producteurs Syproporcs, Hervé Gaté, a adressé le même discours, dans sa note de conjoncture Syproflash parue le 2 mars. « Il faut sanctuariser ce bel outil », demande-t-il. « L'inquiétude et les difficultés qui frappent les producteurs sont légitimes et personne ne les conteste », poursuit-il. Mais cela ne justifie pas pour lui « la séquestration et les menaces physiques ». Et de rappeler que « le prix à Plérin ne se décrète pas, malheureusement (...) Pour avoir laissé entendre aux éleveurs qu'il suffit de se mobiliser chaque jeudi à Plérin pour que le cours prennent +5 cts, une frange du syndicalisme a cédé à la manipulation ». « Cette action n'était pas le fait d'éleveurs isolés », revendique cependant Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d'Armor, présent le 26 février. « Si les éleveurs n'avaient pas été là jeudi dernier, nous n'aurions eu aucune hausse. Demain, il faut absolument que les prix remontent », demande-t-il.