Après une réunion le 16 octobre entre le ministre de l’Agriculture, les éleveurs et les exportateurs de broutards, la FNB espère des évolutions « sous trois semaines » pour faire remonter les prix.
Dans un communiqué du 19 octobre, la FNB (producteurs de bovins viande, FNSEA) dit attendre, « sous trois semaines », des « actions pour une meilleure organisation » de la filière bovine, « favorisant [la] valorisation des broutards ». C’est sur cet objectif que s’est conclue, selon l’association spécialisée de la FNSEA, la réunion entre éleveurs et exportateurs de broutards, organisée le 16 octobre par le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie (1). « Il y a urgence à redresser la situation », alerte le président de la FNB Bruno Dufayet, cité dans le communiqué, car la baisse des cours du broutard provoquerait une chute de « près de 30 % [du] revenu annuel par unité de main-d’œuvre ». « Le ministre a bien identifié le message d’alerte porté par la FNB, relayant les actions syndicales en cours dans le Massif central », se félicite-t-il. Le 12 octobre, le Berceau des races à viande du Massif central (Brav) avait appelé à « retenir au maximum les broutards en ferme ». Un durcissement suivi par plusieurs actions syndicales dans le Cantal et le Puy-de-Dôme.
Un manque d’anticipation ?
« L’examen des principaux indicateurs de marchés, présenté par le ministère sur base des données de FranceAgriMer a confirmé l’analyse de la FNB », affirme le syndicat. À savoir que « les flux d’export vers l’Italie se maintiennent, l’offre en broutards français est plus réduite du fait de la baisse des naissances avec la décapitalisation, la situation du JB en Italie progresse ». Pour les éleveurs, qui réclament plus de transparence, la baisse du prix des broutards en France n’est pas justifiée. En semaine 42 (du 12 octobre), la cotation hexagonale affichait 2,39 €/kg vif pour un charolais U de 400 kg. Un niveau bien en deçà de l’indicateur interprofessionnel de coût de production (3,25 €/kg).
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Résultat : « Je perds en moyenne 170 € par broutard », estime Philippe Auger, président du réseau d’organisations de producteurs Elvéa (environ 20 % des broutards commercialisés en France). « On nous dit qu’il n’y a pas de demande, mais nos animaux partent quand même », remarque cet éleveur de Haute-Saône. Pour lui, la filière aurait pu « anticiper », car « les exportateurs savaient depuis juillet qu’il allait se passer quelque chose ». Et de plaider pour « une forme de contractualisation sur une partie du marché », à la manière des marchés à terme existant en céréales. « Peut-être que, pour 25, 30 ou 40 % des broutards, on pourrait définir un prix en janvier ou février pour une livraison en octobre », propose-t-il. Faute de quoi, l’érosion de la production française de broutards « risque de s’accélérer », prévient-il : « À force, la source va se tarir. »
(1) Voir n°3762 du 19/10/2020
Cotation à 2,39 €/kg, coût de production à 3,25 €/kg