Les jeunes sont plus sensibles aux peurs alimentaires que leurs aînés. Et les résidus de pesticides arrivent en tête des sujets de crainte évoqués par les Européens à propos de leur assiette. Ce sont les deux grands enseignements du dernier sondage eurobaromètre publié par la Commission européenne sur l’alimentation. Outre le fait qu’il souligne une nouvelle fois l’absence d’harmonisation dans les comportements des consommateurs. Tout sépare encore un Grec d’un Finlandais face à l’alimentation.
Il n’existe toujours pas un profil unique de consommateur en Europe. Et les différences entre les Etats membres restent tenaces. C’est ce que montre le dernier sondage publié par la Commission européenne sur les risques perçus par les Européens. Bien sûr, partout en Europe, il reste encore beaucoup de travail pour résorber les craintes des consommateurs pour le contenu de leur assiette. L’alimentation arrive en quatrième position parmi leurs préoccupations derrière la dégradation de l’environnement, les accidents de la route et la maladie.
Mais les consommateurs recherchent avant tout un goût, le plaisir, lorsqu’ils se nourrissent. Et ce bien avant de penser aux questions nutritionnelles qui n’arrivent qu’au septième rang lorsqu’il leur est demandé d’associer un mot à l’alimentation. En revanche, au moment de choisir leurs produits, ils pensent naturellement qualité et prix, pour plus de 40 % d’entre eux. L’apparence, le goût et la santé viennent ensuite. La praticité des aliments souvent mise en avant par le marketing est pourtant reléguée au dernier rang de leur souci avec seulement 3 % de personne ayant signalé prendre en compte cet élément, face au linéaire.
Craintes chez les 15-24 ans
Dans le détail, les différences entre les Etats membres sont assez importantes. Les Grecs, les Espagnols, les Chypriotes et les Luxembourgeois sont beaucoup plus sensibles à la qualité des aliments qu’au prix que leurs homologues européens. A l’inverse, pour les Polonais, les Tchèques, les Estoniens, les Finlandais, les Hongrois et les Allemands, le facteur qualité n’est pas la priorité au moment de l’achat. De même au Luxembourg, en Autriche, à Malte, au Danemark, en Italie, en Belgique, au Royaume-Uni, deux tiers des consommateurs sont préoccupés par le prix.
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Toutefois, la nationalité n’est pas seule en cause, souligne le sondage. Les chômeurs, les travailleurs manuels, les étudiants et les retraités sont beaucoup plus sensibles que les autres catégories au facteur prix.
De même, les classes d’âge jouent un rôle prépondérant dans la sensibilité aux peurs alimentaires. 16% des consommateurs craignent un empoisonnement lié à un produit. Mais ils sont 21% chez les 15-24 ans contre seulement 12% chez les plus de 55 ans. Parmi les craintes suscitées par l’assiette viennent ensuite les substances toxiques comme les pesticides (14%), l’obésité (13%) et les OGM (9%). Une fois encore, sur les OGM, l’Europe des consommateurs n’existe pas. Si 81% des Grecs et 77% des Italiens se disent préoccupés par cette question, seuls 42% de Néerlandais et 46% de Suédois évoquent ce problème. Avec 65% de personnes inquiètes à propos des OGM, la France se situe dans la moyenne européenne (62%).
Résidus de pesticides
Parmi les risques associés à la nourriture, les résidus de pesticides dans les fruits, les légumes et les céréales s’imposent de plus en plus comme le sujet de préoccupation majeur. Plus de 60% des consommateurs placent ce problème au rang de inquiétudes. Et ce devant la grippe aviaire et les résidus d’antibiotiques.