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Commerce international Toujours pas de frémissement dans les négociations OMC

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A J-6 avant l’échéance que les Etats membres de l’Organisation mondiale du commerce se sont fixée pour parvenir au cadre général à un accord, les ingrédients du succès ne semblent pas être au rendez-vous. Les 147 pays de l’OMC se contentent de rappeler les uns aux autres leurs récriminations. Toutefois, une nouvelle mouture de compromis dans le domaine agricole, présentée à Genève le 19 juillet, a été plutôt bien accueillie.

Les membres de l’Organisation mondiale du commerce gardent-ils quelques recettes miracles pour débloquer la négociation du cycle de Doha ? Au moment où Agra Industrie prend ses quartiers d’été, il est permis d’en douter tant les signes con-crets qui serviraient de base à un accord sont ténus. La réponse sera donnée les 27 et 28 juillet, lors du Conseil général de l’organisation.

Echéance crédible

Bien sûr, le 19 juillet, la Commission européenne a réagi positivement au texte de compromis présenté par l’OMC. Mais cette « bonne base » de travail doit être « précisée » et « clarifiée » notamment sur le plan agricole. Tant de choses qui ont déjà été dites et écrites à propos d’autres projets de compromis ! Une fois encore l’Europe, qui estime avoir fait le premier pas en s’engageant dans une profonde réforme de sa politique agricole commune, demande à ses partenaires économiques un effort à la hauteur du sien. Une semaine et demie avant l’échéance fixée pour les pourparlers, l’UE se heurte aux aides accordées par les Etats-Unis à leur agriculture. Le document de compromis de l’OMC, présenté aux délégations le 16 juillet par le président du groupe de négociation consacré à l’agriculture, Shotaro Oshima, enjoint les pays riches d’éliminer « à une échéance crédible », les subventions à l’exportation et de faire disparaître les « distorsions » commerciales provoquées par les crédits à l’exportation.

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Coup fatal

La pression monte donc, avec la perspective de la campagne électorale américaine qui devrait bloquer toute possibilité de compromis. Pour cette raison, Supachai Panitchpakdi, le directeur général de l’OMC, a une fois de plus mis en garde les pays membres de son organisation contre l’échec des négociations, le 19 juillet, avant une réunion des ambassadeurs. Pour lui, s’il n’y a pas d’accord avant la fin du mois, cela signifierait « un statut quo insatisfaisant, certainement jusqu’à la fin de cette année ainsi que l’année prochaine, voire pour plusieurs années ». Un coup fatal risquerait d’être porté au système commercial multilatéral. « Il ne faudra pas s’étonner si certains pays suivent d’autres moyens d’établir des règles commerciales » par des accords bilatéraux ou régionaux, estime-il. Et là, « nous serions tous perdants », prévient-il.