L’heure devait être à la Chine où la France tente de profiter de l’insolente santé économique du nouveau géant asiatique qui pavoise avec l’Exposition universelle de Shanghai. Elle est en fait plutôt à la Grèce: au lieu de pouvoir se raccrocher à de nouveaux moteurs de croissance, l’Europe s’est laissé entraîner dans la tourmente à cause de la notation de la dette de l’Etat hellène. Le coup de froid le plus immédiat s’est ressenti en Bourse, mais les vraies conséquences sont pour plus tard et mettent en évidence l’impuissance de l’UE : faute d’avoir apporté à temps, à cause du refus de l’Allemagne, les garanties demandées par Athènes, les Européens paieront la note d’une façon ou d’une autre, par de nouveaux soutiens aux banques les plus exposées et des mesures pour se défendre contre les attaques de l’euro. Le coût pour l’économie sera d’autant plus élevé que la défiance des marchés peut s’étendre maintenant au Portugal, à l’Espagne, voire à l’Irlande et à l’Italie. L’Europe paye ici sa politique de l’euro fort et surtout l’absence de coordination entre Etats, ce qui souligne encore plus la fracture entre pays du nord et du sud. Une maladie congénitale dont on a vu maintes fois les effets sur l’évolution de sa politique agricole commune : les virages qu’elle a du prendre mettent tellement de temps à se négocier qu’il en ressort volontiers des mesures à contretemps. En venant battre le pavé de Paris, les céréaliers, victimes de la nouvelle volatilité qui s’installe sur leur marché, n’ont pas eu de mal à le démontrer.

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