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Alimentation animale Tourteaux et drèches, un gain de compétitivité pour les fabricants d’aliments

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Au-delà des caractéristiques techniques de mieux en mieux appréhendées par les triturateurs, drèches et tourteaux issus des biocarburants assurent un gain de compétitivité indéniable en alimentation animale. Telles sont les principales conclusions du séminaire Valorisation animale du 28 septembre, organisé par Arvalis, FranceAgriMer et le Cetiom.

Le séminaire Valorisation animale des co-produits de biocarburant du 28 septembre, organisé par Arvalis, FranceAgriMer et le Cetiom, est revenu non seulement sur les dernières avancées techniques mais aussi sur le développement économique de cette filière dans les années à venir. Pour Etienne Laffitte, du groupe Inzo, l’utilisation de tourteaux et drèches dans l’alimentation animale est un indéniable gain de compétitivité, même si leur prix a tendance à s’aligner sur celui des matières premières. Au niveau des capacités de productions des co-produits dans le monde, selon Georges Vermeersch de Sofiproteol et Daniel Eric Marchand d’Unigrains, elles devraient augmenter du fait de l’installation de nouvelles usines (17,5Mt de biodiesel en 2010 pour 36,4MT pour 2019). Pour l’Europe, en drèches, « la demande sera tirée par les objectifs européens à l’horizon 2020 » avec le développement probable d’usines dans les pays de l’Est.

La fibre, clef de l’évolution des marchés

Jean-Luc Gurtler, de FranceAgriMer, et Frédéric Pessoa, du Cereopa, ont évalué l’impact de l’utilisation des co-produits dans différents contextes de prix des matières premières. Selon eux, « l’arrivée des coproduits représente une économie en terre équivalente de 3% à 4% de la superficie nationale en céréales, une baisse des importations de tourteaux de soja (réduction de 12 à 19% du déficit de la balance commerciale français en tourteaux de soja) mais aussi une détérioration forte du prix d’intérêt des issues de céréales, qui pèse aussi sur les prix des tourteaux de colza et des drèches ». L’étude montre effectivement que les matières premières riches en fibre (tourteau de tournesol non décortiqué, sous-produits de céréales) sont très sensibles aux variations de prix des co-produits des biocarburants. Leur étude prospective a fait tourner quatre scénarios dans des contextes de prix où l’énergie (céréales) et la protéine (soja) sont plus ou moins élevés.

Drèches et tourteaux : avantages et limites en alimentation animale

Etienne Laffitte est revenu sur les avantages et les limites du tourteau de colza et des drèches dans l’alimentation animale. Le tourteau de colza est ainsi « une source de protéine de qualité » qui permet de limiter la dépendance des éleveurs au soja, même si son taux d’incorporation dans les aliments, plutôt en croissance, reste « très dépendant des rapports de prix colza/soja ». En ruminant, des limites zootechniques et commerciales (image plus ou moins négative) freinent son développement. Quant aux drèches de céréales, les volumes sont en croissance même s’ils restent inférieurs au « raz-de-marée » annoncé quelques années auparavant. Leur valeur alimentaire reste cependant très variable et leur qualité sanitaire dépend souvent de la récolte. En ruminant, leur intérêt n’est plus à prouver (appétence, présence de fibres, bon taux de protéines…), comme en volaille, particulièrement en label. Par contre, pour le porc, le « constat est plus mitigé » (profil d’acide aminée déséquilibré, fibres non digestibles…). Plus généralement, l’ensemble des participants ont convenu que les caractéristiques techniques des co-produits des biocarburants étaient de mieux en mieux appréhendées mais tous reconnaissaient qu’à « une usine correspond un co-produit, à un instant “t” donné ».

L’utilisation du colza réduit la dépendance de la France aux importations de protéines

Sylvain Tostain, responsable chez Saipol, entreprise de trituration et de raffinage du colza et tournesol, est revenu sur la réduction de la dépendance aux importations de protéine grâce à l’utilisation du colza. Si l’Union européenne est dépendante à 73% de ces importations, la France se situe à un niveau de 53%. Actuellement, les flux de tourteaux de colza réagissent plus à une dynamique interrégionale qu’internationale. Les flux mondiaux restent donc limités. À l’intérieur de l’Europe, la production de tourteaux de colza dépasse celle du soja et tire la production française de tourteaux vers le haut. « En France, le tourteau de colza est de plus en plus utilisé par les fabricants d’aliments (3 M t en 2009 contre 1,5 M t en 1979) », déclare Sylvain Tostain. Deux enjeux clés se dégagent de cette utilisation : la proximité et la régularité de l’approvisionnement.

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