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Tous les cépages ne sont pas égaux face à la canicule

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La piste génomique est étudiée pour comprendre la résistance aux canicules. Crédits : © Pixabay/Mazzu1971

Les canicules estivales permettent de mieux comprendre la capacité de résistance des variétés de vignes aux fortes chaleurs, souvent couplées à des périodes de sécheresse. Les chercheurs de l’Inrae et de l’Institut Agro de Montpellier dévoilent que certaines régions du génome sont impliquées dans la tolérance aux fortes températures.

Les épisodes caniculaires se succèdent année après année, exposant les végétaux à des stress récurrents qui mettent à rude épreuve leurs capacité de résistance. Avec parfois des épisodes extrêmes comme ce fut le cas à l’été 2019, le 28 juin, lorsqu’une température de 40,6° C à l’ombre a été enregistré à Vérargues dans l’Hérault, un record en France.

Or, non loin de là, une expérimentation était menée par des scientifiques de l’Institut Agro et de l’Inrae qui rassemblait plus de 250 cépages cultivés en pot dans le vignoble expérimental Pierre-Galet à Montpellier.

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« Quelques heures après le pic de température, une partie du feuillage des vignes était littéralement brûlée. Mais alors quelle était la température à la surface des feuilles les plus éclairées ? Presque 54 °C, d’après les simulations des chercheurs. Une valeur au-delà de la limite thermique viable pour de nombreuses plantes », indique l’Inrae dans un communiqué, à l’occasion de la publication des résultats de cette étude dans la revue New Phytologist.

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Approche de « génétique d’association »

Mais tous les plants n’ayant pas subi les mêmes dégâts, les scientifiques ont cherché à savoir quelle en était la raison. Comment ? En développent « une approche de « génétique d’association » : en croisant les mesures de symptômes avec les informations disponibles sur la diversité des cépages et de leur génotype, ils ont identifié les parties du génome impliquées dans les réponses mesurées », indique l’Inrae.

Les chercheurs ont identifié des groupes de gènes « corrélés à la gestion du stress oxydant (lié à la production de molécules qui déstabilisent les cellules de la plante) et à la signalisation activée aux fortes températures, mais étonnamment, pas la transpiration. »

Selon l’Inrae, cet événement climatique a permis de mieux comprendre le potentiel génétique de la vigne. Reste maintenant à poursuivre ces recherches en travaillant sur la sélection variétale afin d’identifier les variétés de vigne qui présenteront la meilleure capacité à résister aux futures canicules.