En 2014, un événement était passé inaperçu sauf de la part des spécialistes du secteur : l’Allemagne est devenue cette année-là le premier marché européen pour les tracteurs agricoles, devançant sensiblement la France. 33 100 tracteurs neufs vendus en France contre 34 600 outre-Rhin. Et pourtant, la SAU française compte plus de 27 millions d’ha contre un peu moins de 17 millions d’ha pour la SAU allemande. Certes, l’équipement en tracteurs est un signe qui peut tromper. On a souvent considéré que les agriculteurs français étaient suréquipés, l’achat d’un tracteur de grande puissance répondant davantage, parfois, à une recherche d’image ou à une opportunité fiscale qu’à un raisonnement économique.

Il n’empêche : les chiffres révèlent une Allemagne en train d’investir davantage que la France, sur des surfaces moyennes d’exploitation à peu près identiques. Surtout, selon les chiffres du Cema (Confédération européenne du machinisme agricole), l’Allemagne achète un nombre de tracteurs régulièrement en hausse depuis une dizaine d’années alors que les ventes françaises suivent des courbes plus volatiles.

Un phénomène qui montre que nos voisins investissent moins par opportunité que par raisonnement économique de moyen terme, comme l’affirme d’ailleurs Alain Savary le directeur de l’association d’agroéquipement Axema, dans une interview. On a d’une part des investisseurs qui manifestent une confiance régulière dans l’avenir et l’utilisation future de leurs machines et d’autre part des exploitants qui profitent de bonnes années ou d’opportunités fiscales pour investir, quitte à se trouver bien endettés les années de vaches maigres.

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