Abonné

Colloque Transférer les connaissances du bio vers l’agriculture traditionnelle

- - 3 min

Le ministère de l’Ecologie souhaite un transfert des connaissances issues de l’agriculture biologique vers l’agriculture traditionnelle, pour une meilleure prise en compte de l’environnement dans la Pac 2013. Cette volonté annoncée le 1er octobre lors du colloque Agriculture biologique et enjeux environnementaux, organisé par le ministère de l’agriculture, celui de l’écologie, l’Acta et RMT DevAB, a été partagée par les intervenants.

Judith Jiguet, directrice de cabinet de Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat au ministère de l‘Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, a insisté, lors du discours d’ouverture du colloque Agriculture biologique et enjeux environnementaux, sur l’importance du transfert de connaissances entre l’agriculture biologique et l’agriculture traditionnelle. « Tout ce qui est appris en bio pourra être apporté à l’agriculture durable », a-t-elle précisé en introduction à cette journée organisée par le ministère de l’Agriculture, celui de d’Ecologie, l’Acta et RMT DevAB (réseau mixte de technologies pour le bio). « Il faut tirer l’enseignement de ce qui fonctionne pour le proposer à d’autres agricultures dès lors qu’elles sont durables », a-t-elle déclaré avant de reprendre à propos de l’étiquetage haute valeur environnemental (HVE) que l’objectif du ministère « n’est pas que tous deviennent des agriculteurs bio mais que le partage des connaissances auprès des autres agriculteurs et surtout auprès de ceux qui s’engagent dans la HVE ». Judith Jiguet est longuement revenue sur la nécessité de ne pas avoir de clivage entre les démarches bio et HVE pour une meilleure prise en compte de l’environnement dans la future Pac 2013. Le colloque avait pour but de faire un bilan scientifique, technique et économique des connaissances concernant l’agriculture biologique et l’environnement.

Appréhender l’agriculture bio à plus grande échelle
Si l’ensemble des études montrent des effets de l’agriculture biologique très bénéfiques pour l’environnement (hausse de la biodiversité, diminution de la pollution de l’eau…), Stéphane Bellon de l’Inra est revenu plus généralement sur « une approche trop sectorisée » de ces études. Les chercheurs « se sont intéressés à certaines pratiques mais pas à un mode de production étudiée dans son ensemble ». Propos partagé par Hélène Chambault, de l’Institut de l’élevage, et André Mueller, de l’Institut suisse de recherche en agriculture biologique, qui regrettent une agriculture biologique non appréhendée sous forme « de système » agraire. Lamia Otthoffer, de la Bergerie nationale de Rambouillet, a soulevé de son côté la question de la transmission des connaissances concernant l’agriculture biologique. « En bio, l’apprentissage des connaissances est souvent auto-construit et les agriculteurs bio sont plus dans une co-construction des connaissances que dans un savoir prescriptif.» Michel Streith, du CNRS, pose aussi le problème de la disparition de certains scientifiques spécialisés dans l’étude de l’environnement comme les entomologistes remplacés par des « privés » (associations ou individuels). Et Lamia Otthoffer de conclure : « L’innovation dans la bio vient de la capacité à expérimenter tout en se moquant des normes. Garder l’expérimentation et l’empirique sont indispensables. Il faut absolument se garder de “normer” l’agriculture biologique. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.