Alors que la Commission européenne prépare des propositions attendues fin 2023 en vue de renforcer le cadre législatif sur le bien-être animal, une dizaine de ministres de l’Agriculture de l’UE (Allemagne, Pays-Bas en tête) plaide pour la fixation d’une limite de 8 heures au transport d’animaux vers leur lieu d’abattage. Une mesure qui inquiète beaucoup de pays.
L’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et la Suède ont présenté, le 18 juillet lors du Conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE, un document plaidant pour une mise à jour ambitieuse de la législation sur le transport des animaux dans l’UE, avec notamment la fixation d’une limite de 8 heures pour la durée maximale de transport. Une proposition qui a reçu le soutien d’un certain nombre d’États membres (Autriche, Luxembourg, Slovaquie, Lituanie…) mais qui en inquiète d’autres.
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L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) est en train de préparer une série d’avis sur le bien-être des animaux qui devraient être disponibles d’ici le mois de septembre. Ces travaux serviront à la Commission pour préparer ses propositions, attendues fin 2023, sur le renforcement du bien-être des animaux à tous les échelons de la chaîne de production (ferme, transport, abattage). « Le transport est une priorité », a souligné la commissaire européenne à la santé Stella Kyriakides, citant les travaux en matière de transport sur de longues distances, de transport des animaux vivants et de transport des veaux non sevrés, les exigences en matière d’espace disponible, ou encore les outils numériques pour faciliter les contrôles.
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Mais pour les Pays-Bas, il convient d’aller de l’avant : au lieu de transporter les animaux sur de longues distances, il faut essayer de transporter leurs produits (viande, semences…).
Prudence voire réticence
D’autres se montrent beaucoup plus prudents. Le ministre français Marc Fesneau a rappelé le besoin de disposer des évaluations de l’Efsa avant de prendre une décision, estimant que les premières mesures à mettre en œuvre seraient l’harmonisation des règles (dans l’UE et pour les exportations) et l’imposition de normes équivalentes à celles de l’UE pour les produits importés. Une position que rejoignent l’Espagne et la Croatie, entre autres. La Pologne se montre encore plus réticente : « Cette limite de 8 heures est à prendre avec des pincettes. Soyons prudents et n’oublions pas l’impératif de sécurité alimentaire pour les pays qui ont une capacité d’abattage moindre que les autres. » Même son de cloche du côté de la Hongrie ou de la Roumanie qui rappellent que « tous les États membres n’ont pas des abattoirs à proximité des lieux d’élevage ». À cette liste s’ajoutent les pays insulaires comme l’Irlande ou Chypre pour qui la question du transport par voie maritime est essentielle. Sur ce point, la législation tertiaire visant à améliorer les inspections des navires de transport de bétail devrait être adoptée avant la fin de cette année.