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Transport animal : les propositions de Bruxelles chahutées au Parlement européen

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Une part importante des eurodéputés qui commencent à examiner les propositions de la Commission européenne sur le transport des animaux se montrent très critiques, craignant des contraintes trop importantes pour le secteur de l’élevage.

Des eurodéputés du centre (voire certains sociaux-démocrates) à l’extrême droite ont vivement critiqué le projet de réglementation concernant les conditions de transport des animaux à l’occasion de leur première réunion, le 18 mars, consacrée à l’examen ce texte présenté fin 2023 par la Commission européenne. Signe qu’il sera difficile de dégager un compromis sur ce dossier, les deux co-rapporteurs, le Roumain Daniel Buda (PPE, droite) et la Luxembourgeoise Tilly Metz (Verts), ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur les principales propositions de Bruxelles : limitation du temps de transport, espace minimal dédié à chaque animal, températures maximales ou encore transport maritime. Leur seul véritable point de convergence concerne l’application de la législation (renforcement de la surveillance, clarification des obligations). « Le problème ce n’est pas la législation mais sa mise en œuvre correcte et de manière harmonisée dans l’UE », estime Daniel Buda. « Si les mesures sont trop dures il n’y aura plus de fermes et on dépendra des importations », prévient-il.

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Moins mesurée, la Française Céline Imart (PPE) a indiqué qu’elle déposerait un amendement de rejet pur et simple du texte dont, estime-t-elle, « le seul objectif est de supprimer l’élevage dans l’UE ». Une intervention largement applaudie par son camp. Son confrère italien Herbert Dorfmann dénonce une proposition absurde qui n’a, selon lui, « aucun avenir ». Pour le centriste belge Benoît Cassart, en fin de compte cette proposition « est une ânerie, un exemple d’une bureaucratie totalement déconnectée » qui met en danger la compétitivité et la durabilité des filières d’élevage européenne

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Autre indice que le sort de ce dossier est très incertain, le Vert autrichien Thomas Waitz a demandé au PPE de désigner provisoirement un nouveau rapporteur, au motif que le Roumain Daniel Buda a vu son nom cité parmi les eurodéputés concernés dans l’affaire de corruption orchestrée par des lobbyistes de la firme chinoise Huawei au Parlement européen. Une demande qui a donné lieu à une vive passe d’armes avec les élus du PPE. Consciente que le dossier pourrait être enterré, comme l’a été la proposition de règlement sur l’utilisation durable des pesticides sous la précédente mandature, la co-rapportrice des Verts Tilly Metz se dit prête au dialogue pour trouver des solutions « de long terme dans l’intérêt des animaux, des agriculteurs et de la compétitivité » évoquant la possibilité des soutiens à l’ensemble de la filière notamment pour la construction d’abattoirs locaux.

Et la Commission européenne aussi se dit prête à faire évoluer sa position pour répondre aux inquiétudes. Elle a déjà renoncé à imposer la présence de vétérinaires à chaque étape du transport sous pression des États membres qui discutent de leur côté du dossier.