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Producteurs de fruits à cidre Travailler l’image du cidre, une impérieuse nécessité selon la FNPFC

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La Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre (FNPFC), qui a tenu son assemblée générale le 5 juin, est impatiente de voir se décanter la réflexion de la filière du cidre sur l’image du produit, réflexion trop ralentie par des divergences de vues.

L’image du cidre « a besoin d’être clarifiée », entre l’image d’une boisson de terroir et celle d’une boisson « féminine », a indiqué Thomas Pelletier, président de la FNPFC, à l’assemblée générale de l’organisation le 5 juin. « Il faut faire aboutir la réflexion », a-t-il lancé. Le sujet d’une stratégie de communication sur le cidre, porté par la FNPFC au sein de l’interprofession a avancé… « jusqu’à l’apparition de difficultés, issues de divergences quant à la stratégie générale à suivre ».

Pour une segmentation en trois familles
Les principales marques ont leur logique de communication propre, indépendamment de la logique de communication de l’interprofession. Les marques souhaitent transmettre pour le cidre l’image d’une boisson « moderne, plutôt féminine, décontractée, décomplexée, boisson de plaisir, produit de grande consommation stabilisé et normé, innovant », précise la FNPFC dans son rapport d’orientation. Image qui peut être contradictoire avec les valeurs des plus petits élaborateurs dont le discours porte des valeurs « de lien à la nature, de savoir-faire, de terroir, d’authenticité, de boisson complexe qui peut évoluer d’une année à l’autre ».
« Il faut trouver un terrain d’entente pour que toutes les parties concernées s’y retrouvent ». Les producteurs proposent un classement en trois familles de produits : le cidre fermier, le cidre artisanal et le cidre de marque (ou autre nom à trouver). Il existe un potentiel pour le cidre, mousseux peu alcoolisé (environ 5 degrés), mis en avant dans des bars à cidre et « Breizh Cafés », et s’accommodant volontiers de plats comme les poissons et les crêpes. Il peut tirer son épingle du jeu à une période où les ménages cherchent à optimiser leurs dépenses alimentaires et où la pratique de la cuisine connaît un engouement.

La contractualisation au point mort
Par ailleurs, la contractualisation interprofessionnelle dans la filière du cidre est toujours au point mort. « On peut même dire qu’elle a régressé », a fait remarquer Thomas Pelletier. La décision de l’Autorité de la concurrence de demander à la coopérative normande Agrial, qui produit les trois-quarts du cidre français, de céder deux usines (Condé-sur-Vire dans la Manche et Cahagnes dans le Calvados) aux Celliers Associés, coopérative cidricole qui exporte en Amérique du Nord, Royaume-Uni, Allemagne et Japon, a finalement conduit à étendre les « contrats Agrial ». Les Celliers Associés veulent à présent les utiliser pour leurs propres producteurs, via les deux usines acquises. « Bref, la situation contractuelle s’est encore dégradée pour les producteurs, étant donné l’uniformité et le manque de concurrence qui se dessinent dans ce nouveau contexte », a résumé le président de la FNPFC.

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