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Exposition aux pesticides Travailleurs agricoles et riverains sous la surveillance de l'Anses

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En 2014, l'Agence française de sécurité sanitaire s'est donné deux grandes priorités. D'abord la surveillance de l'exposition aux pesticides des travailleurs agricoles et des particuliers qui vivent à proximité des terrains traités. En second lieu, la surveillance de l'exposition des enfants de moins de trois ans à une large gamme de substances.

CONNAÎTRE les expositions des travailleurs agricoles et des riverains aux pesticides sera l'une des deux grandes priorités de l'Anses en 2014. L'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail a détaillé, lors d'une conférence de presse le 13 février, les travaux en cours dans ce domaine. L'Anses travaille déjà depuis 2011 à caractériser l'exposition aux pesticides des travailleurs agricoles et rendra un « premier travail bibliographique » au printemps 2014 et l'ensemble des résultats de son expertise d'ici à début 2015. Ce travail devrait permettre de décrire plus précisément l'exposition des travailleurs aux pesticides et pallier le manque de données dans ce domaine, pointé notamment par l'expertise collective de l'Inserm (Pesticides : effets sur la santé, publiée en juin 2013). Un manque de données qui empêche en particulier d'établir des liens de causalité entre des expositions des pesticides et de potentiels effets sanitaires.

En 2014 l'Agence devrait aussi livrer les conclusions du travail qu'elle mène sur les équipements de protection individuelle (EPI : gants, tabliers, …) qu'utilisent les agriculteurs. L'objectif est de mieux documenter « les pratiques réelles d'utilisation de ces EPI » et de mieux caractériser la protection qu'assurent effectivement ces équipements. Des conclusions qui s'inscrivent aussi dans un cadre communautaire : l'Europe devrait adopter en 2014 un nouveau référentiel pour évaluer les risques pour les travailleurs agricoles exposés aux pesticides.

L'exposition des riverains

Enfin, en réponse à une saisine du ministère de l'Agriculture, l'Anses travaille sur l'exposition des riverains aux pesticides. Cette catégorie particulière de la population, celle qui habite à proximité de zones traitées par les pesticides, est désormais prise en compte par les réglementations française et européenne qui tentent de limiter leur exposition. Le ministère a demandé à l'Anses de vérifier que les mesures réglementaires nationales visant à réduire l'exposition aux pesticides des riverains sont efficaces.

En outre, l'Anses devrait rendre en septembre 2014 une liste de molécules et des recommandations sur les méthodes de mesure de la présence de pesticides dans l'air.

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Perturbateurs endocriniens, suite

L'Anses poursuit ses travaux sur l'évaluation des risques de plusieurs substances perturbatrices endocriniennes présentes dans des produits d'entretien ou de bricolage, ainsi que sur les composés perfluorés, polybromés et les phtalates.

Enfin, les résultats de l'autosaisine de l'Anses sur la co-exposition des abeilles aux facteurs de stress seront finalement publiés « fin 2014 ».

La seconde priorité de l'Anses en 2014 sera de mieux comprendre les risques auxquels les enfants sont exposés : radiofréquences, substances chimiques présentes dans les jouets, ou via l'alimentation. Sur ce dernier volet, l'Anses va compléter la base de données Ciqual, sur la composition nutritionnelle des aliments avec des données sur les aliments destinés aux enfants de zéro à trois ans. L'étude de l'alimentation totale a été élargie à l'étude des aliments que consomment ces enfants et permettra « d'évaluer l'exposition des enfants de moins de trois ans à une large gamme de contaminants » et les mélanges de substances auxquels cette partie particulièrement sensible de la population est exposée.

Autorisations de mise en marché : l'Anses planche sur ses (potentielles) futures missions

LE projet de loi d'avenir propose que l'Anses soit à l'avenir responsable de la délivrance des autorisations de mise sur le marché à l'avenir. Certes, le texte n'est pas encore définitif, mais la perspective d'un tel changement fait réfléchir l'Anses, reconnaît son directeur général Marc Mortureux. « Nous avons engagé des discussions avec nos parties prenantes », explique-t-il. Cette évolution probable « va nécessiter une concertation pour établir des règles du jeu claires dans l'organisation en interne et dans le pilotage de ces futures missions ». En effet, ce changement « demande un travail de fond » pour décider notamment « comment s'organiser pour séparer l'évaluation du risque (que l'Anses assurait jusqu'ici, ndlr) de la délivrance des AMM », a expliqué Marc Mortureux. Avec pour enjeu de « préserver notre indépendance et notre crédibilité scientifique ». Etre chargé de la délivrance des AMM, cela implique aussi « d'être capable de faire remonter des éléments de terrain et pouvoir faire évolution les conditions de mise en marché » d'un produit qui, une fois autorisé et utilisé pourrait poser problème « c'est toute la problématique », résume le DG. « Avec la question des moyens qui seront alloués pour assurer cette mission nouvelle ».