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Trente ans plus tard, la Conf’ toujours aussi militante

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Pour le début des réunions des États généraux de l’alimentation, qui visent aussi à redonner du prix au producteur, la Confédération paysanne a voulu faire passer un message fort, en occupant la maison mère de l’ASP pendant 24 heures.

Une soixantaine de militants de la Confédération paysanne se sont fait expulser de l’Agence de service et de paiement (ASP) de Limoges le 29 août par la police, après une occupation de 24 heures du site. Le syndicat a retenu contre son gré Stéphane Le Moing, directeur de l’ASP, pendant la journée du 29 août, exigeant « le paiement immédiat des aides Pac en retard, un dédommagement financier pour le retard de paiement et les suspensions des contrôles » de ces aides. D’après un communiqué du syndicat du jour même, « en posant des conditions impossibles comme préalable à toute négociation, le ministre a volontairement rompu le dialogue avec les paysannes et les paysans, pourtant venus avec des propositions précises ». Le 28 août, la Conf’ avait annoncé qu’elle resterait mobilisée les semaines suivantes, notamment avec des actions « péages gratuits » comme celles effectuées à Toulouse, Pau ou Biarritz le 28 août. Laurent Pinatel, porte-parole de la Conf’, évoquait « une montée en puissance des actions d’ici la fin de la semaine ». Mais depuis l’expulsion, la Conf' est restée muette sur le sujet. « Il a été proposé aux militants de la Confédération paysanne un entretien au niveau national, sous condition d’un retour préalable à la normale dans les locaux de l’ASP, permettant aux agents et aux cadres de travailler sereinement. Cette proposition a été refusée », soulignait de son côté un communiqué de presse du ministère, le 29 août, qui condamnait cette occupation. Stéphane Travert a aussi dénoncé « la pression psychologique induite sur le personnel de l’Agence ».

Le projet de la Confédération paysanne

Cette action militante avait été plus ou moins annoncée lors de « fête » des trente ans de la Confédération paysanne, du 18 au 20 août à Alloue (Charente). Yves Manguy, Guy Le Fur, François Dufour, Philippe Collin, etc. ont évoqué, parfois avec émotions, leurs bons et mauvais moments au sein du syndicat (négociation Pac, procès, mobilisations, etc.). « Cela a toujours été des années folles d’être à la Conf’», rapportait Guy Le Fur. Laurent Pinatel, porte-parole depuis 2013, a surtout orienté son discours par rapport aux élections en chambres d’agriculture qui se tiendront en janvier 2019. « Il va falloir convaincre que le projet de la Conf’est le bon, a-t-il souligné dans son discours. On a un projet. Ce qui fait la force de la Conf’, c’est son projet. Seule la Conf’porte un discours audible pour offrir un horizon nouveau à des paysans en difficulté totale […] L’agriculture paysanne, c’est une agriculture qui permet à des hommes et des femmes de vivre sur un territoire donné et de produire une alimentation de qualité. » Il confie à Agra Presse que la Conf’ travaille depuis plusieurs mois déjà sur ce projet et surtout sur la manière de le communiquer. Car, à écouter les discours de chacun, le projet n’a jamais été clairement présenté. « On en a marre de la mainmise des multinationales sur nos semences. On en marre d’aller débusquer de partout des OGM qui portent des noms de plus en plus bizarres. On en marre que vous manipuliez le vivant. On en a marre que vous industrialisiez l’agriculture, que vous industrialisez nos vies en fait », déclarait Laurent Pinatel dans son discours de clôture. Certes, mais ces phrases auraient plutôt tendance à conforter le sentiment que la Conf’ est « le syndicat des contres », ce que refuse d’entendre Laurent Pinatel.

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Contrats laitiers : la Conf’ saisit le médiateur des relations commerciales

La Confédération paysanne a déclaré par communiqué de presse, avoir déposé une saisine auprès du médiateur des relations commerciales au sujet des contrats laitiers et de leur renouvellement actuel, le 31 août, jour du premier atelier sur les relations commerciales et contractuelles. Le syndicat espère que « le médiateur et la Commission d’examen des pratiques contractuelles s’y penchent avec attention et fassent des propositions concrètes lors des États généraux de l’Alimentation ». il rappelle à ce sujet ses propositions « pour rééquilibrer le rapport de force dans les filières alimentaires » : loi interdisant la vente à perte des produits agricoles, encadrement et interdiction des promotions, établissement de contrats tripartites entre producteurs, industriels et distributeurs, renforcement du rôle du collège producteurs de l’interprofession et arbitrage par les pouvoirs publics en cas d’échec des négociations contractuelles.