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Volaille /Crise Très vives réactions à la fin des restitutions export sur les volailles congelées

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La décision des autorités européennes de diviser par deux les subventions octroyées à la France pour l'exportation de poulets est très durement ressentie en Bretagne tant par les éleveurs que par les salariés des entreprises Doux et Tilly-Sabco qui seront les premières touchées par cette mesure.

La décision de Bruxelles de réduire les subventions accordées à a France pour ses exportations de volailles congelées va durement frapper les deux sociétés bretonnes Doux et Tilly-Sabco. Le premier, en redressement judiciaire depuis juin 2012 a informé les éleveurs qui le fournissaient de son intention de baisser ses prix d’achat à compter du 4 février. Les organisations agricoles ont vivement réagi à cette nouvelle dès le 28 janvier. La FRSEA de la Bretagne juge inacceptable la baisse décidée par les industriels et appelle les éleveurs à ne pas l'accepter. Elle les engage à ne pas signer l’avenant qui leur sera proposé prochainement aux contrats les liant à la société Doux et actant cette baisse de rémunération. Elle ajoute que, dans le cas de Doux, « si la baisse est appliquée sans soumission d'avenant aux éleveurs », elle estime nécessaire « d'interpeller les pouvoirs publics sur le respect de la réglementation par les administrateurs judiciaires ». La Coordination rurale rejette également cette annonce et juge que « le modèle d'intégration est un véritable échec pour les producteurs ». Le Comité régional avicole de la Bretagne (CRAVI) annonce avoir réuni son conseil d'administration pour se positionner face « aux annonces faites par les industriels de la filière de baisser les prix d'achat du vif à leurs fournisseurs, qu'ils soient éleveurs ou organisations de production. Quelles que soient les productions, aucune baisse du prix du vif et des prix de contrats éleveurs ne sera acceptée ». Quelque 240 éleveurs sont sous contrat, directement ou indirectement, avec le groupe Doux.

Les organisations de salariés dénoncent « l’immobilisme patronal »

De leur côté, les salariés des deux groupes sont également en colère, mais mettent en cause « le manque d’anticipation des industriels de la filière volaille, alors que depuis l’accord de Marrakech de 1994, chacun sait que les restitutions, qui ont des effets néfastes sur les agricultures locales des pays en voie de développement, ont vocation à être réduites puis à disparaître ». Dans un communiqué, la FGA-CFDT s’inquiète pour l’avenir des salariés des sites spécialisés dans l’export, tant pour Doux que Tilly-Sabco. Mille emplois directs seraient touchés, et 5 000 indirects. Par ailleurs, les syndicats du groupe Doux ont protesté contre le report annoncé par les administrateurs judiciaires d’une réunion de Comité central d’entreprise prévue pour le 14 février au 19 février. La CGT et FO qui veulent avoir le temps d’informer et les salariés demandent la tenue d’un comité central d’entreprise exceptionnel avant la date d’audience du tribunal de commerce de Quimper prévue l’après-midi du 19 février. Les syndicats s’inquiètent de l’incidence de la baisse des restitutions décidées par Bruxelles sur le plan de continuation et se demandent si la banque Barclays continuera à soutenir Doux.

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