Invité lors des 70 ans du Groupe Michel, Olivier Clanchin, p.-d.g. de Triballat Noyal, a partagé son expérience de l'entreprise familiale, vecteur de création de valeur.
Olivier Clanchin, p.-d.g. de Triballat Noyal était invité lors des 70 ans du Groupe Michel à participer à une table ronde dédiée aux "entreprises familiales, créatrices de valeur". Ce dernier qui représente la troisième génération aux commandes de l'entreprise familiale, installée à Noyal-sur-Vilaine près de Rennes depuis 1951, a partagé son expérience sur l'identité familiale de son entreprise. Avant d'être rattrapé par la crise du lait, son entreprise a été précurseur dans bien des domaines. Et ce, grâce à la pugnacité de ses parents, qui ont toujours suivi leurs intuitions sans demander d'aide aux banques. "Quand mon père reprend l'entreprise en 1964, il cherche à se différencier", raconte Olivier Clanchin. "Dès mai 1968, il sort la première bouteille de lait stérilisée, avec un opercule en aluminium. Ce qui lui permet d'atteindre de nouveaux marchés nationalement grâce à une meilleure conservation." Mais cette innovation technologique est vite adoptée par de grands acteurs industriels. "Il nous a fallu chercher de nouvelles innovations", se souvient Olivier Clanchin.
En 1975, la première collecte de lait bio est lancée. "Fin des années 80, au moment des quotas laitiers, on souffle à l'oreille de mes parents l'intérêt du lait de soja. Pourquoi pas, se sont-ils dit. C'est un axe de développement à explorer". Près de trente ans plus tard, la marque Sojasun est toujours là et a permis de construire une véritable filière, "dans une logique d'écoute avec les agriculteurs", précise Olivier Clanchin.
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Triballat poursuit sa diversification avec le lait de chèvre. Une quarantaine de producteurs sur le bassin rennais produisent aujourd'hui 7 millions de litres par an et ont permis la création du Petit Billy, fromage de chèvre à succès. "Nous avons ainsi continué à explorer les liens avec l'amont et les consommateurs afin de créer de la valeur et répondre aux tendances de consommation", explique le dirigeant. Aujourd'hui, Triballat réalise 50 % de son activité en bio, 50 % en conventionnel et 50 % en animal, 50 % en végétal. Un équilibre parfait. "Notre objectif est d'atteindre bientôt 50 % à l'export, poursuit le dirigeant. Pour nous, la diversification de nos gammes, leur complémentarité est ce qui fait grandir l'entreprise et accompagne les mutations." Pour lui, la logique d'entreprise familiale permet de se donner du temps. "Nous n'avons pas la pression de la performance et des dividendes à verser aux actionnaires. Nous pouvons ainsi aller au bout de nos convictions, porter nos projets le plus loin possible. Ces échelles de temps sont plus cohérentes avec les innovations", conclut-il.