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Coopérative/Réorganisation Triskalia pleinement opérationnel après la fusion

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En première année pleine (2011), le groupe coopératif breton Triskalia a vu son chiffre d’affaires atteindre 2,2 milliards €. Sa capacité d’autofinancement se situe à 33,5 millions €, en légère baisse par rapport aux neuf premiers mois d’activité de 2010 (38,9 millions). Dans un contexte difficile le groupe continue d’investir dans l’industrie, la distribution verte (25 millions sur l’année) et mise sur l’agriculture écologiquement intensive.

Triskalia pèse lourd, très lourd en Bretagne. Le groupe né en 2010 de la fusion de Coopagri Bretagne, la Coopérative des agriculteurs du Morbihan (CAM 56) et Eolys compte 18 000 adhérents sur les quatre départements bretons alors que la région compte 26 000 fermes « moyennes et grandes », selon Agreste. Triskalia reflète donc précisément le tissu agricole breton au travers de trois métiers – dans l’ordre de chiffre d’affaires : l’agriculture, l’agroalimentaire, la distribution verte.
« Les productions animales représentent environ 60 % de notre activité », précise le directeur général, Dominique Ciccone. Après 18 mois consacrés à la fusion des structures (300 sites industriels et commerciaux) et le rapprochement des hommes (4200 salariés équivalent temps plein), Triskalia « a maintenu et développé ses parts de marché » malgré les tensions générées par le coût élevé des matières premières, souligne le groupe. En porc (1,7 million de porcs charcutiers, 800 élevages), le groupement a gagné à la concurrence 68 nouveaux producteurs, « par ses résultats techniques ».

Inquiétudes pour la filière volaille
En volaille-chair, les performances commerciales des partenaires industriels de Triskalia – la filiale Ronsard (abattoir-découpe de poulets et unité de transformation de près de 60 000 t de produits finis) et son client LDC à qui il livre des volailles en vif, notamment des canards- donne aux 380 producteurs adhérents du groupe (550 000 m2) l’assurance d’une bonne valorisation. Cependant, « le marché de la volaille n’a pu absorber la totalité de la hausse des coûts de revient et de production, et cela affecte la plupart des entreprises du secteur », dit Triskalia. A ce propos, le placement en redressement judiciaire du groupe Doux inquiète Dominique Ciccone pour ses conséquences pour la région. Si la production avicole venait à baisser en Bretagne, « ce serait des mètres carrés de production qu’on ne récupèrerait pas », dit-il. Les conséquences des difficultés de Doux pour Triskalia sont extrêmement minimes et se limitent, toujours selon M. Ciccone, « à quelques livraisons d’aliment effectuées en dépannage au printemps ».

Satisfaction pour les légumes et l’alimentation animale
Dans le second métier industriel de Triskalia, le légume surgelé, sa filiale Gélagri dans laquelle Bonduelle est un partenaire de poids (35,5 % du capital) a bénéficié, en 2011, d’un important investissement (10 millions €). Objectif : spécialiser ses deux usines bretonnes, l’une en plats cuisinés surgelés, l’autre en légumes surgelés pour améliorer leur compétitivité sur un marché marqué par la baisse des prix. Parallèlemement, Triskalia a continué d’augmenter les volumes traités dans ses deux usines espagnoles. De fait, précise le groupe, « la nouvelle organisation industrielle a permis de faire face à une campagne perturbée par les conditions météorologiques, et la dynamique commerciale a été bonne ». Quant au troisième et dernier métier industriel de Triskalia, la nutrition animale (14 usines et 2 millions t d’aliment du bétail), le groupe a mené à bien la réorganisation de sa filiale Nutréa Nutrition Animale reprise en association avec Terrena à Unicopa, liquidé depuis. « Elle affiche un redressement significatif après une première année 2010 », commente sobrement Triskalia. Cette année, le groupe coopératif de Landerneau devrait investir « entre 25 et 35 millions € », tant dans l’industrie que la distribution verte (Magasin Vert, Gamm Vert, Point Vert Le Jardin). Ce réseau d’enseignes reconnues se compose d’environ 200 magasins dont une soixantaine de moyennes surfaces du jardinage réalisent l’essentiel du chiffre d’affaires de la branche (250 millions € de ventes). Quant à l’agriculture écologiquement intensive, Triskalia s’organise et se structure pour tester, expérimenter, valider des pratiques et solutions techniques nouvelles visant à produire autant, voire plus, avec moins: moins d’eau, moins d’énergie...

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