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Turenne Lafayette : maintien de l’activité le temps de trouver un repreneur

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Le secrétaire d’État chargé de l’industrie a annoncé que l’État et 17 banques prêteront respectivement 10 à 12 millions d’euros et 56 millions d’euros à la Financière Turenne Lafayette sous la forme d’une fiducie, ce qui écarte le risque de liquidation judiciaire de l’entreprise. Le gouvernement est à la recherche d’un repreneur. Les salariés et les éleveurs restent inquiets.

La situation de la Financière Turenne Lafayette (FTL), maison mère de William Saurin et Madrange, semble assurée à court terme. « Nous avons obtenu un accord avec l’ensemble des banques qui vont rejoindre la fiducie » (fonds dédié au financement du groupe), a déclaré le secrétaire d’État chargé de l’industrie Christophe Sirugue à l’occasion d’une visite de l’usine William Saurin de Saint-Thibault-les-Vignes (Seine-et-Marne) mardi 20 décembre. Les dix-sept banques concernées apporteront 56 millions d’euros et l’État entre 10 et 12 millions d’euros, ce qui écarte le risque de liquidation judiciaire de l’entreprise. Se montrant rassurant, le secrétaire d’État a précisé que les salaires seront bien réglés dans les prochains mois.

« La priorité du gouvernement est de maintenir l’activité le temps de trouver un repreneur », a-t-il déclaré. Cet apport d’argent frais a permis de rassurer les fournisseurs qui ont été reçus le même jour par FTL. Même s’il « reste quelques acteurs qui mettent du temps à revenir », selon Eric Le Gouvello, le nouveau président de FTL, les choses ont commencé à s’améliorer depuis la conclusion de l’accord avec les banques.

Salariés et éleveurs inquiets

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Les salariés restent inquiets. La Fnaf-CGT craint un « scénario catastrophe », qui pourrait conduire à « des centaines de licenciements et la fermeture de nombreux sites de production ». Dans un communiqué du 20 décembre, le syndicat demande à l’État, qui a « très largement » contribué à la construction du groupe de procéder à l’étatisation de son capital afin de « stabiliser la situation économique et sociale » et « maintenir l’ensemble des emplois directs et induits ». Le syndicat souhaite que « les pouvoirs publics, les salariés et la direction » soient « en contact permanent » dans une « cellule » à installer « dans les jours […] à venir ».

Les éleveurs également. La FRSEA Bretagne appelle « les acteurs de la filière » porcine à « faire preuve de solidarité » avec les éleveurs, dans un communiqué du 19 décembre. Le groupe produit « une tranche de jambon sur trois commercialisées en France », rappelle la FRSEA. Elle demande « aux distributeurs de continuer à acheter auprès des fournisseurs de ce groupe », d’autant plus qu’ils ont augmenté « la part de produits français dans leurs approvisionnements ». Les acteurs de la filière ont « une responsabilité collective » pour ne pas « faire pression sur les prix et acheter à l’étranger ».