La situation paraîtrait ubuesque à tout esprit raisonnable. À plusieurs reprises, avant et pendant les rencontres de l’OMC, le conseil des ministres européen se réunit sur l’attitude à adopter en négociation. Deux sons de cloche en émanent : Peter Mandelson, commissaire européen au commerce en sort disant qu’il a une marge de manœuvre pour faire de nouvelles propositions. Dominique Bussereau, ministre français de l’Agriculture, appuyé par plus d’une douzaine d’autres pays, témoigne qu’aucun espace de négociation supplémentaire n’a été accordé au Commissaire.

Y en-a-t-il un qui ment, ou est-ce le résultat du langage diplomatico-politique qui sait parfois être suffisamment flou pour autoriser plusieurs interprétations ?

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Ces couacs montrent à l’évidence que l’on manque d’une réforme institutionnelle permettant de savoir qui décide à Bruxelles et sur quelle base. On se rappelle d’ailleurs que l’ex-projet de constitution prévoyait de responsabiliser clairement un responsable des relations diplomatiques de l’UE. On aurait gagné en lisibilité même si, peut-être, la tâche de contrôle des initiatives par certains pays - aujourd’hui la France - eut été rendue plus difficile.

Cependant, tout cela n’aura peut-être qu’un temps. Le front anti-accord OMC sauce Mandelson risque de se lézarder le jour où les pays émergents, comme le Brésil, auront accepté une réelle ouverture de leurs marchés des produits industriels. Ce jour-là, les Allemands, entraînant quelques autres délégations de l’UE, risquent de se faire moins hostiles à un accord sur le dos de l’agriculture.