À la suite du projet de décision du Conseil de l’Union européenne de modification de l’accord UE-Maroc annoncé le 1er octobre, l’AOPn Tomates et concombres de France dénonce, dans un communiqué de presse le 2 octobre, « le silence et l’inertie totale de la Commission européenne » face aux importations de tomates cerises issues du Maroc et du Sahara occidental. « La Commission européenne a trouvé en un temps record une solution à la suite des arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne du 4 octobre 2024 sur le Sahara occidental. Madame Ursula von der Leyen aura-elle la même énergie à trouver une solution pour la pérennité de la filière européenne de production de tomates ? », s’interroge Pierre-Yves Jestin, président de l’AOPn.
Entre 2012 et 2024, les exportations de tomates marocaines vers la France ont bondi d’environ 55 %. En 2023-2024, en grande distribution, la part des tomates cerises marocaines atteint 40 % des achats. « Jamais, ces dernières années, la Commission européenne n’a pris la peine de nous consulter sur ses négociations agricoles avec le Maroc », martèle Pierre-Yves Jestin. L’AOPn demande que soit préparé un plan de soutien à la filière européenne de tomates à la hauteur des fonds alloués au développement économique du Sahara occidental.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
De son côté, Légumes de France (FNSEA) rappelle sa demande de réévaluation de la VFI (Valeur forfaitaire d’importation, fixée en 2014 à hauteur de 0,461 €/kg et jamais revue depuis). Il considère par ailleurs que l’accord ne prendrait pas en compte la segmentation actuelle du marché entre une tomate entrée de gamme, qui correspond aux productions historiques de 2014, et les tomates cerises à forte valeur ajoutée. Dès lors, il réclame que soit reconnue cette segmentation en créant deux contingents séparés et deux VFI différentes, « à l’heure où se développe dans les « Provinces du Sud » un potentiel de production de 5 000 ha de serres, soit quatre fois le parc existant à date en France ».
PG