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UE/Australie : dernière ligne droite pour les négociations commerciales

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En dépit des craintes du secteur agricole de l’UE, les pourparlers avec l’Australie pourraient se concrétiser très rapidement. Ursula von der Leyen est attendue en Australie du 23 au 25 mars pour finaliser les discussions. Pour le bœuf, le quota d’importation dans l’UE sera inférieur à « 35 000 t », promet le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen.

La conclusion des négociations commerciales entre l’UE et l’Australie semble imminente. En effet, la Commission européenne a fait savoir le 18 mars que sa présidente, Ursula von der Leyen, se rendra en Australie du 23 au 25 mars afin de « renforcer les liens avec un partenaire de confiance et partageant les mêmes valeurs dans la région indo-pacifique ». De son côté, le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a confirmé une rencontre avec l’Allemande le 24 mars à Canberra. Ce voyage a été officialisé au moment où les pourparlers commerciaux entrent dans leur dernière ligne droite, comme l’a rappelé Ursula von der Leyen dans sa lettre adressée aux chefs d’État et de gouvernement de l’UE en amont du Conseil européen des 19 et 20 mars. Plus tôt dans la semaine, le 16 mars, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic a eu l’occasion de préparer le terrain en faisant le point avec son homologue australien, Don Farrell, sur les « progrès encourageants » réalisés entre les parties.

Mise en garde agricole

Dans un contexte géopolitique complexe marqué par des tensions commerciales avec les États-Unis et la Chine, Ursula von der Leyen a fait de la conclusion des discussions avec l’Australie une priorité, après avoir déjà finalisé en 2026 celles avec les pays du Mercosur et l’Inde. Mais le sujet agricole demeure un point sensible des négociations, en particulier l’accès au marché de l’UE pour la viande rouge australienne. Dans un communiqué du 17 mars, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) mettent en garde contre des « concessions disproportionnées » qui risqueraient de « nuire aux agriculteurs européens, de fausser les marchés et d’affaiblir l’engagement de longue date de l’UE en faveur de normes de production élevées et de la durabilité rurale ».

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Avant la suspension des négociations en octobre 2023, la Commission européenne avait proposé à l’Australie un contingent d’importation de 24 000 tonnes de viande bovine, de 20 000 t de viande ovine, 8 000 t de poudre de lait écrémé ou encore 5 000 t de beurre, le tout à droits de douane nuls. L’UE ne souhaiterait pas aller au-delà de 30 000 t par an tandis que l’Australie réclame 40 000 t par an avec une forte pression de sa filière élevage. « Ce sera en dessous des 35 000 t que mon prédécesseur était prêt à céder, mais les derniers détails ne sont pas encore négociés », a confirmé le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, le 19 mars, devant la commission de l’Agriculture du Parlement européen. Autre sujet sensible : la protection des indications géographiques (IG). Canberra insiste auprès de l’UE pour pouvoir continuer à utiliser le nom de certaines appellations (prosecco, feta, parmesan et pecorino notamment) alors que l’UE a soumis à l’Australie une liste de plus de 400 IG à protéger.