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UE/Australie : des avancées mais pas encore d’accord

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En dépit de « progrès significatifs » dans les discussions, aucun accord commercial n’a pour l’heure été annoncé entre Bruxelles et Canberra. De leur côté, les filières agricoles maintiennent leur pression et défendent leurs intérêts.

Pas encore de fumée blanche dans les négociations commerciales entre l’UE et l’Australie mais les discussions avancent bien. Dans une déclaration commune publiée à l’issue de leur rencontre, les 12 et 13 février à Bruxelles, les commissaires européens Maros Sefcovic (Commerce international), Christophe Hansen (Agriculture) et le ministre australien au Commerce Don Farrell, font état de « progrès significatifs » dans leurs échanges afin de réduire les désaccords sur les derniers sujets en suspens dont l’agriculture qui figure parmi les points d’achoppement. « Nous avons été très clairs : tout accord doit servir les intérêts nationaux de l’Australie et inclure un accès à de nouveaux marchés commercialement significatifs pour nos producteurs agricoles », avait déclaré Don Farrell, en amont de sa venue, annonçant ainsi la couleur. Du côté européen, le commissaire Christophe Hansen a dû annuler sa participation au salon Biofach prévue le 13 février afin de poursuivre les discussions commerciales.

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Au-delà des volumes d’importation de produits sensibles dans l’UE, la question des indications géographiques a également été « beaucoup » discutée, à en croire les propos de Don Farrell dans une interview accordée le 15 février à Sky News Australia. « Si nous parvenons à un accord global, nous pourrons régler ces points », a-t-il précisé avec confiance.

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Pressions agricoles

En parallèle, les filières agricoles européennes et australiennes continuent activement de défendre leurs intérêts. À la veille de la rencontre, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont une nouvelle fois alerté face au risque de déstabilisation des marchés agricoles européens que pourrait faire peser un potentiel accord sur les produits sensibles. A contrario, l’industrie australienne de la viande réclame un accès « substantiel » au marché européen pour la viande rouge. Dans un communiqué publié le 13 février, l’Australian Meat Industry Council (AMIC) exige « un accès minimum de 50 000 tonnes de viande bovine et de 67 000 tonnes de viande ovine et caprine ». L’objectif est « de garantir un accès au moins comparable à celui de ses concurrents » (Brésil, Canada, Nouvelle-Zélande) avec lesquels l’UE a conclu un traité commercial. « Un accord de libre-échange ne saurait servir l’intérêt national s’il ne corrige pas les quotas disproportionnellement faibles actuellement appliqués au bœuf, à la viande ovine et caprine australiens entrant dans l’UE », affirme Tim Ryan, p.-d.g. de l’AMIC.

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Cette question de l’accès au marché reste donc un sujet de crispation des discussions. Elles ont d’ailleurs déjà échoué en octobre 2023 pour cette raison. À cette époque, Bruxelles avait proposé à l’Australie un contingent d’importation de 24 000 t de viande bovine et de 20 000 t de viande ovine. Loin des demandes de l’industrie australienne.