Abonné

UE/États-Unis : Donald Trump menace encore

- - 4 min

Le président américain a menacé de nouveau de taxer le vin en provenance de la France, État membre de l’UE qui a voté contre les mandats accordés à la Commission européenne pour des négociations commerciales avec les États-Unis dont est en principe exclue l’agriculture.

« Peut-être que M. Trump a voulu répondre à M. Macron lorsque celui-ci n’a pas voulu donner le mandat à la Commission européenne pour les négociations » commerciales avec Washington, a estimé le 11 juin le ministre français de l’agriculture, Didier Guillaume, au lendemain de nouvelles déclarations du président américain laissant planer la menace de taxes supplémentaires sur le vin français. Le Conseil de l’UE a formellement adopté le 15 avril à la majorité qualifiée, la France votant contre, les mandats de la Commission pour ces pourparlers qui doivent porter sur les produits industriels et sur l’évaluation de la conformité, mais pas sur l’agriculture (1). Et ce alors que, selon le représentant américain pour le commerce, Robert Lighthizer, les États-Unis « ne peuvent pas avoir un accord commercial avec l’Europe qui ne traite pas de l’agriculture ».

« Nous allons faire quelque chose »

« La France taxe beaucoup le vin et nous taxons peu le vin français », a notamment dénoncé Donald Trump au cours d’un entretien sur la chaîne de télévision CNBC, estimant que les viticulteurs américains se plaignent du fait que le vin français entre aux États-Unis « pour rien » et affirmant : « Ce n’est pas juste, nous allons faire quelque chose pour ça ». En novembre dernier, il avait déjà dénoncé ce déséquilibre dans des tweets visant Emmanuel Macron. « La France rend les choses très difficiles pour vendre du vin américain en France et prélève de lourdes taxes douanières, alors que les États-Unis facilitent les choses aux vins français et n’ont que des tarifs douaniers bas. Ce n’est pas juste, faut que ça change ! », s’était-il agacé sur Twitter (2).

Il ne s’agit toutefois pas d’un problème français puisque les droits de douane sur le vin, sont, comme sur tous les produits, fixés au niveau européen. Sur le vin en bouteille, les droits sont plus importants à l’entrée dans l’UE (10 à 30 centimes d’euro l’unité) qu’aux frontières américaines (entre 5 et 15 cents de dollar). Sur le vin en vrac en revanche, qui représente un quart de la valeur des vins importés par l’UE des États-Unis, les droits sont plus élevés côté américain (22 cents pour un litre de vin en vrac à 14,5 degrés) que du côté européen (12 centimes).

Inquiétudes italiennes

« D’éventuels droits américains supplémentaires ne pourraient pas être limités à la France, mais toucheraient inévitablement tous les vins importés de l’UE, réduisant ainsi leur compétitivité sur le marché des États-Unis », s’est inquiété le 11 juin le président de l’organisation agricole italienne Confagricoltura, Massimiliano Giansanti, rappelant que, selon les dernières données d’Eurostat, en 2017, 32 % des vins exportés hors de l’UE par les États membres (11,3 milliards € au total) étaient destinés aux consommateurs américains.

« Nous ne pouvons qu’être préoccupés, étant donné que les exportations de vin italien aux États-Unis s’élèvent à environ 1,5 milliard € et sont en tête de nos exportations agroalimentaires sur ce marché », souligne le président de la Confagricoltura, jugeant « nécessaire d’entamer sans plus tarder les négociations bilatérales prévues dans l’accord conclu en juillet 2018 par les présidents Trump et Juncker ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

(1) Voir n° 3689 du 22/04/19

(2) Voir n° 3668 du 19/11/18

(3) Voir n° 3696 10/06/19

Pas de taxes américaines sur les produits mexicains (pour l’instant)

Annonçant qu’il avait trouvé un accord avec les autorités mexicaines, Donald Trump a renoncé le 7 juin à mettre à exécution sa menace de taxes sur les importations en provenance du Mexique tant que les immigrés clandestins continueront d’affluer aux États-Unis en passant par la frontière entre les deux pays. Les agriculteurs américains craignaient que de telles taxes ne déclenchent des mesures de représailles dont ils auraient été les victimes (3).

« Les tarifs douaniers prévus pour être appliqués (le 10 juin) par les États-Unis, contre le Mexique, sont suspendus indéfiniment », a assuré le locataire de la Maison Blanche dans un message publié sur son compte Twitter.