L’UE a entamé à l’OMC une procédure contre les taxes américaines sur les olives espagnoles, estimant qu’il s’agit là, en réalité, d’une « attaque contre la Pac ».
L’UE a engagé le 29 janvier à l’OMC une procédure de plainte contre les droits antidumping et compensateurs appliqués de façon définitive par les États-Unis depuis le 1er août sur les importations d’olives de table espagnoles à hauteur, respectivement, de 16 % à 25 % et de 7 % à 27 % (1). Première étape : Bruxelles demande l’ouverture de consultations avec Washington. Si celles-ci ne permettent pas de dégager une solution au bout de 60 jours, l’UE demandera la mise en place d’un comité d’arbitrage de l’organisation mondiale.
Il faut « réagir », avait estimé le sommet européen
Selon la commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström, « les droits imposés par les États-Unis sur les olives de table d’Espagne sont injustifiés, déplacés, et vont contre les règles de l’Organisation mondiale du commerce ». « Les États-Unis ciblent les mesures de soutien à l’agriculture, qui ne sont pas spécifiques aux olives, et ils utilisent cela, de notre point de vue, comme excuse […] pour attaquer notre Pac, nos subventions agricoles et nos fermes », a estimé de son côté le 28 janvier le commissaire à l’agriculture Phil Hogan en marge d’une réunion du Conseil de l’UE.
À ce propos, les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-huit avaient formellement déclaré fin juin, à la demande du premier ministre espagnol Pedro Sánchez, que « l’UE doit réagir à toutes les actions de nature clairement protectionniste, y compris celles qui remettent en cause la politique agricole commune » (2).
Washington se défendra « vigoureusement »
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« Nous estimons que la démarche de l’UE est sans fondement et nous avons l’intention de la combattre vigoureusement », a réagi le 29 janvier le représentant américain au commerce (USTR) Robert Lighthizer, cité dans un communiqué.
La Commission du commerce international, une entité américaine indépendante, « avait elle-même conclu que l’industrie américaine de l’olive avait pâti d’une concurrence déloyale de la part des producteurs d’olives espagnols », a-t-il souligné, ajoutant qu’il « serait fâcheux que l’OMC encourage ce type de distorsion du commerce loyal ».
(1) Voir n° 3664 du 22/10/18
(2) Voir n° 3652 du 09/07/18