Abonné

UE/États-Unis : les Européens prêts à discuter des différends commerciaux avec l’administration Trump, mais...

- - 3 min

Après la décision américaine, le 23 mars, d’augmenter les droits à l’importation d’acier et d’aluminium, en exemptant provisoirement l’UE jusqu’au 1er mai, ainsi que d’autres partenaires (1), la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, a jugé « mutuellement bénéfique si nous pouvions résoudre » les différends commerciaux entre les deux parties, comme l’a exigé Donald Trump (2). « Mais nous avons besoin de savoir quel est le résultat attendu d'ici le 1er mai et à quel point cette échéance est sérieuse », a-t-elle insisté. 

Réunis à Bruxelles les 22 et 23 mars, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union ont demandé que « cette exemption soit rendue permanente », tout en se disant « favorables à un dialogue sur les questions commerciales présentant un intérêt mutuel ». 

« On ne parle de rien, en principe, lorsque c’est avec un fusil sur la tempe » », a néanmoins estimé le président français Emmanuel Macron, qui sera en visite d’État à Washington du 23 au 25 avril, tandis que le premier ministre belge Charles Michel faisait part de son « impression qu'il y a une volonté des États-Unis de négocier avec l'UE en mettant un revolver sur notre tempe ». 

Quant au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, il a jugé « non réaliste » le délai fixé pour discuter avec l’administration américaine, « vu l’ampleur des questions à régler ». 

En tout cas, plusieurs dirigeants des Vingt-huit ne sont pas vraiment favorables à des pourparlers avec Washington en vue de conclure un « TTIP light » (3), qui ne porterait que sur la réduction des droits de douane, et non pas sur d’autres chapitres comme les mesures sanitaires et phytosanitaires.

En attendant, la Commission européenne envisage de tenter d’aplanir un premier différend avec les États-Unis, à savoir celui portant sur le contingent d’importation dans l’UE de viande bovine sans hormones en provenance de ce pays (4). 

(1) Australie, Argentine, Brésil et Corée du Sud, en plus du Canada et du Mexique, partenaires des États-Unis dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) en cours de renégociation

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

(2) Voir n° 3637 du 26/03/18

(3) Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement

(4) Voir même numéro

Commerce : les cinq principaux partenaires de l’UE

En 2017, les importations de marchandises de l’UE-28 provenaient à concurrence de 20 % de la Chine, 14 % des États-Unis, 8 % de la Russie, 6 % de la Suisse et 4 % de la Norvège. 

Les exportations de marchandises de l’UE étaient destinées l’année dernière à concurrence de 20 % aux États-Unis, 11 % à la Chine, 8 % à la Suisse, 5% à la Russie et 5 % à la Turquie.