La Commission européenne juge « largement exagéré » le niveau – 11 milliards $ (9,7 Mrd €) – des rétorsions commerciales que Washington envisage de mettre en place cet été si l’UE ne met pas un terme à certaines subventions à Airbus. Selon une liste préliminaire, ces rétorsions sous forme de droits de douane supplémentaires frapperaient le secteur aéronautique de l’Union, mais aussi certains de ses produits alimentaires – fromages (roquefort, cheddar, pecorino, edam et gouda…), agrumes, fruits transformés, huiles d’olive et vins.
La Commission prévient par ailleurs que, « dans le différend parallèle concernant Boeing », elle compte aussi « prendre rapidement des mesures » de représailles.
Le conflit entre Boeing et Airbus est vieux de quatorze ans, l’UE et les États-Unis s’accusant mutuellement devant l’OMC de verser des aides illégales à leur champion aéronautique respectif.
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En juillet 2018, Donald Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avaient décidé d’ouvrir des pourparlers pour apaiser les tensions commerciales euro-américaines. C’est dans ce contexte que la Commission a proposé de négocier des accords sur les échanges de produits industriels – pas agricoles, contrairement à ce que souhaiterait Washington – et sur l’évaluation de la conformité. La plupart des États membres de l’UE souhaitent qu’un mandat lui soit confié assez rapidement.
La France veut toutefois obtenir l’assurance formelle que ces négociations ne concernent pas l’agriculture et qu’elles sont totalement déconnectées de celles sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) qui, suspendues depuis la fin de 2016, sont jugées obsolètes (1).
(1) Voir n° 3686 du 01/04/19