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UE/Mercosur : dans l’attente du texte, les oppositions s’organisent

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La présentation de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur se fait toujours attendre. Si l’exécutif européen assure que le processus « avance bien », la contestation s’organise. La France poursuit son travail de lobbying pour faire pencher le Conseil de l’UE tandis qu’un front commun agricole s’est créé pour s’opposer au texte.

Initialement attendue pour la fin du mois de juin, la présentation de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur n’interviendra que « dans les prochains jours », a confirmé, le 30 juin, la porte-parole de la Commission européenne, Paula Pinho, sans toutefois fournir davantage de détails. Interrogée en conférence de presse, la Portugaise a indiqué que le processus de nettoyage juridique et de traduction était « bien avancé ». À l’approche de la présentation du texte au Conseil de l’UE, soutiens et opposants dans les États membres tentent de gagner des partisans. Lors du Conseil européen du 26 juin, le chef d’État français Emmanuel Macron a réaffirmé l’opposition de Paris « en l’état », tandis qu’Annie Genevard mène une campagne de lobbying afin d’obtenir une minorité de blocage (quatre États membres représentant au moins 35 % de la population). Elle a ainsi rencontré le 27 juin le ministre italien de l’Agriculture, Francesco Lollobrigida, avec, à la clé, la signature d’un communiqué conjoint soulignant des inquiétudes concernant les conséquences de l’accord.

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Ce dernier avait également rencontré la veille son homologue espagnol Luis Planas, qui s’est exprimé, lui, en faveur de sa conclusion. De son côté, le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé lors du Conseil européen qu’« aucun chef d’État ou de gouvernement n’a soulevé d’objection fondamentale sur le fait que nous convenons sur le principe que l’accord Mercosur doit maintenant être adopté dès que possible ».

Front commun d’opposition

Mais les États membres ne sont pas les seuls à se préparer. Le secteur agricole européen s’organise et monte au front. Des organisations agricoles de diverses sensibilités ont ainsi signé, le 2 juillet, une déclaration conjointe appelant les colégislateurs européens (Conseil de l’UE et Parlement européen) à s’opposer au traité commercial. Pour le Copa-Cogeca (syndicat majoritaire dont la FNSEA), le CEJA (jeunes agriculteurs), Via Campesina (dont la Confédération paysanne est membre) et EFFAT (travailleurs agricoles), l’accord, dans sa forme actuelle, engendrerait « des dommages irréversibles » aux secteurs agricoles vulnérables et « porterait gravement atteinte aux principes de souveraineté alimentaire ». Elles ajoutent que les contingents tarifaires prévus pour les filières sensibles ne constituent pas une protection suffisante et que dans le contexte géopolitique complexe, le traité renforcerait les dépendances de l’UE en matière alimentaire. Elles rappellent, en outre, que les manifestations agricoles du début d’année 2024 « ont envoyé un message clair et sans équivoque » pour mettre fin aux négociations et que leur reprise (puis conclusion) constituait « un inquiétant mépris pour l’opposition publique et sectorielle largement répandue dans de nombreux États membres ».