Les négociations commerciales entre l’UE et le Mercosur devraient se conclure prochainement, après un échange d’offres améliorées. L’UE va être amenée à « payer » pour les dernières concessions faites par les Sud-Américains.
« La Commission européenne salue et partage l’engagement politique du Mercosur et sa volonté de mener à bien les négociations commerciales en cours », mais « il reste encore du travail à faire au niveau technique », a commenté le 7 juin une porte-parole de l’exécutif de l’UE à la suite de déclarations des présidents argentin et brésilien Mauricio Macri et Jair Bolsonaro faisant état d’un accord « très proche » – formule également utilisée par la commissaire européenne Cecilia Malmström –, voire « imminent » entre l’UE et le bloc sud-américain.
Les deux parties devraient reprendre leurs discussions techniques le 24 juin avant une éventuelle réunion ministérielle qui se tiendrait trois jours plus tard à Bruxelles et une possible signature de l’accord en marge du sommet du G20 des 28 et 29 juin à Osaka (Japon).
Viande bovine et sucre en ligne de mire
Les pourparlers entre l’UE et le Mercosur ont très nettement progressé en ce qui concerne les voitures et pièces détachées, les indications géographiques, l’industrie, les services, les marchés publics et l’agriculture (1).
Le contingent d’importation de viande bovine offert par les Européens devrait être maintenu à 99 000 tonnes, mais le bloc sud-américain veut encore obtenir une modification de la répartition frais/réfrigéré - congelé (dont transformation), ainsi qu’une réduction du droit de douane envisagé de 7,5 % (2). Pour le sucre, autre produit sensible, l’UE pourrait finalement proposer un contingent jusqu’à 200 000 t au droit de 98 €/t. Et la protection de quelques indications géographiques soulève encore des difficultés, cognac et parmesan notamment.
Échange de concessions
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Lors d’une réunion au début du mois entre les services de l’agriculture et du commerce de la Commission et les États membres, la négociatrice en chef de l’UE, Sandra Gallina, a confirmé que le Mercosur avait fait des concessions, affirmant que, maintenant, « l’UE doit payer […] même si la Commission essaie de minimiser le paiement ».
Au cours du débat qui a suivi, l’Irlande a souligné que l’impact potentiel d’un accord avec le bloc sud-américain sur le secteur de la viande bovine sera aggravé par la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE. Même type de remarque de la part de l’Autriche, ainsi que de la France qui a demandé des précisions sur la segmentation qualitative du contingent d’importation de viande.
(1) Voir n° 3694 du 27/05/19
(2) Voir n° 3696 du 10/06/19
« Inquiétude croissante » et « vrai malaise » en Irlande
Dans une lettre datée du 7 juin, le ministre irlandais de l’agriculture, Michael Creed, fait part à son compatriote Phil Hogan de son « inquiétude croissante » à l’égard d’un accord commercial entre l’UE et Mercosur qui, de plus en plus probable, risque de « déstabiliser les secteurs agricoles les plus vulnérables ». Les négociations avec le bloc sud-américain ont évolué jusqu’à présent d’une manière qui provoque « un vrai malaise » en Irlande et dans d’autres États membres, fait-il valoir auprès du commissaire européen à l’agriculture. « Les préoccupations de l’Irlande ont été renforcées récemment par des rapports indiquant que des progrès sont faits sur un certain nombre de questions en suspens dans le secteur industriel et d’autres, et que cela crée une pression renouvelée pour des concessions supplémentaires dans des secteurs sensibles tels que la viande bovine », souligne Michael Creed.