La FNB (éleveurs de bovins viande) et la FNSEA se sont inquiétées le 22 mai d’une signature « imminente » de l’accord de libre-échange avec le Mercosur. Une crainte motivée par les récentes avancées sur le secteur automobile, qui bloquait jusque-là les négociations. La branche bovine de la FNSEA évoque une possible signature « entre juin et novembre ». La conclusion de cet accord ouvrirait un contingent de 70 000 t de viande bovine à droits de douane réduits (voire 99 000 t selon la FNB) en provenance du Mercosur. La viande produite au Brésil, en Argentine et en Uruguay « ne respecte pas les standards européens », dénonce la FNB (pas de traçabilité individuelle, antibiotiques utilisés comme activateurs de croissance, animaux nourris aux farines animales).
Si elles se confirment, ces importations s’ajouteraient aux contingents déjà concédés ou en cours de négociation dans d’autres accords. Le Canada a obtenu 65 000 t dans le cadre du Ceta et le Mexique devrait se voir proposer 20 000 t (« un accord politique a été trouvé sur ce sujet », affirme la FNB). Sans oublier les discussions en cours avec les États-Unis autour d’un contingent de 35 000 t dans le cadre du « panel hormones ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Chaque année, l’UE importe déjà 270 000 t de viande bovine en provenance du Mercosur. Des volumes compétitifs malgré l’application entière des droits de douane. De nouvelles importations fragiliseraient le secteur bovin français, déjà en proie à une intense décapitalisation. « Selon l’Idele, entre janvier 2016 et septembre 2019, nous aurons perdu entre 8 et 10 % de notre cheptel, soit 400 000 vaches », alerte Bruno Dufayet. Un déclin dû à des faillites, des reconversions et au vieillissement de la population agricole. « La moitié des éleveurs de ruminants a plus de 55 ans », s’inquiète-t-il. Face à ce cocktail explosif, la FNB veut que la France « pèse de tout son poids » en convaincant une majorité d’États membres de rejeter l’accord avec le Mercosur. Une position officiellement partagée par deux pays sur 27 : la France et l’Irlande.
Une possible signature « entre juin et novembre »