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UE/Mercosur : la France plaide pour un protocole sur les sauvegardes

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Alors que le texte de l’accord UE/Mercosur devrait arriver très prochainement à la table Conseil de l’UE, la France ne ferme pas la porte mais pousse pour intégrer des mesures de sauvegarde spéciales pour l’agriculture dans un protocole additionnel. Une possibilité qui n’enchante pas le Copa-Cogeca qui attend plutôt des mesures concrètes.

Ce sujet n’était pas inscrit à l’ordre du jour mais l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur était bel et bien présent en marge de la réunion informelle des ministres de l’Agriculture du 15 au 17 juin. La Française Annie Genevard a notamment réclamé un renforcement de la protection des produits agricoles dans l’accord. « La France demande instamment des mesures pour obtenir des clauses de sauvegarde robustes qui préservent nos intérêts agricoles dans ce projet d’accord tel qu’il a été conclu à Montevideo », a-t-elle indiqué dans la droite ligne des propos prononcés par le président Emmanuel Macron le 6 juin lors d’un entretien à la chaîne de télévision brésilienne GloboNews. Et d’ajouter : « Il y a des clauses de sauvegarde spécifiques pour l’industrie (automobile, N.D.L.R.) brésilienne dans l’accord. Pourquoi n’aurions-nous pas la même chose pour les produits agricoles ? »

Une position à sauvegarder

L’une des hypothèses avancées par la France serait d’inclure un protocole additionnel, sur lequel plancherait Bruxelles, qui prenne en considération ces clauses de sauvegarde robustes sur l’agriculture. Une position qui serait largement partagée parmi les États membres. Pour Paris, ce serait un moyen de rééquilibrer les accords commerciaux sans pour autant remettre en question les relations commerciales de l’UE. Dans un entretien la veille sur France info, la ministre affirmait que la minorité de blocage était proche. La Hongrie et l’Autriche seraient opposés à l’accord tandis que l’Irlande ou la Grèce auraient émis des « réserves ». La ministre wallonne de l’Agriculture, Anne-Catherine Dalcq, s’est, elle, exprimée contre. La Pologne, aussi, attend de savoir si la Commission européenne va intégrer des mesures de sauvegarde pour tenter de faciliter la ratification. « Je vois que la position française est assez largement partagée », a ainsi signalé Annie Genevard.

Lire aussi : UE/Mercosur : une conclusion sous conditions

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Alors que le texte devrait arriver très bientôt à l’ordre du jour du Conseil (potentiellement d’ici le 30 juin), le commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen, a bien conscience qu’il y a des secteurs sensibles et que des sauvegardes sont nécessaires pour les protéger. « J’ai bien entendu les appels des agriculteurs quand ils sont descendus dans la rue l’année dernière », a-t-il indiqué tout en soulignant l’importance de la réciprocité. Toutefois, il renvoie la balle de la ratification aux colégislateurs.

À l’inverse, la perspective d’un nouveau protocole additionnel n’enchante guère les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). À l’occasion d’une conférence de presse, le 19 juin, le lobby agricole, qui a de nouveau marqué son opposition à l’accord, a déclaré ne pas vouloir de nouvelle déclaration politique mais des mesures et engagements contraignants, notamment en matière de réciprocité.