Les organisations agricoles de l’UE le redoutent : la viande bovine devrait être incluse dans l’offre révisée d’accès au marché que Bruxelles doit présenter au Mercosur dans le cadre de leurs négociations de libre-échange. Ce pourrait aussi être le cas de l’éthanol.
La Commission européenne doit formuler le 25 septembre, au lendemain des élections allemandes, son offre révisée d’accès au marché en vue de la prochaine session de négociations d’un accord de libre-échange avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), du 2 au 6 octobre à Brasilia. Une réunion des États membres au niveau des experts, le 15 septembre, a été l’occasion pour une douzaine d’entre eux (Irlande, France, Belgique, Autriche, Pologne…) de s’opposer à l’inclusion de contingents tarifaires d’importation pour les produits agricoles sensibles dans cette nouvelle proposition. Tel devrait pourtant être le cas pour la viande bovine au moins.
« Garder un niveau d’ambition le plus bas possible »
Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont ainsi écrit le 15 septembre au commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan (avec copie à sa collègue chargée du commerce Cecilia Malmström) pour recommander à la Commission de « garder un niveau d’ambition le plus bas possible », compte tenu de la fragilité du secteur de la viande bovine, des importations existantes en provenance du Mercosur qui « représentent déjà 20 % du marché de l’UE pour les découpes à haute valeur », de la mise en œuvre provisoire de l’accord commercial avec le Canada, du Brexit qui « pourrait nécessiter de trouver de nouveaux débouchés pour quelque 250 000 tonnes », mais aussi du fait que les partenaires sud-américains n’ont pas les mêmes normes élevées de sécurité alimentaire et de bien-être animal que l’Union.
L’eurodéputé français Michel Dantin (PPE) a même avancé la possibilité d’une offre portant sur un contingent de 85 000 tonnes. Il demande à la Commission si elle « peut confirmer un tel chiffre » (1). Et, dans une autre question écrite, sept autres eurodéputés français du même groupe politique demandent des explications à l’exécutif de l’UE.
Exigences sud-américaines
L’exécutif européen pourrait aussi proposer au Mercosur un contingent pour l’éthanol.
Lors de l’échange d’offres initial, en mai 2016, il avait envisagé des contingents d’importation de 78 000 tonnes de bœuf et 600 000 hl d’éthanol (2), puis, confronté à une levée de boucliers, il y avait renoncé, au moins temporairement (3).
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Le Brésil, qui assure actuellement la présidence tournante du Mercosur, a averti que celui-ci ne présenterait pas d’offre révisée d’accès à son marché si la viande bovine et l’éthanol ne sont pas réintégrés dans la nouvelle proposition européenne.
(1) Voir n° 3610 du 18/09/17
(2) Voir n° 3542 du 18/04/16 et n° 3543 du 25/04/16
(3) Voir n° 3545 du 09/05/16
Bons résultats à l’exportation pour le bœuf brésilien
Les exportations brésiliennes de viande bovine fraîche et transformée ont bondi en août de 34 % en volume, à 145 822 tonnes, et en valeur, à 607 millions $, par rapport au même mois de 2016, soit le niveau mensuel le plus élevé de 2017, a indiqué le 18 septembre l’association nationale des entreprises du secteur (Abiec), estimant que le pire du scandale sanitaire qui a frappé le pays en mars est maintenant passé. Les destinations où sont maintenues des restrictions représentent moins de 1 % du total des exportations de l’année dernière, selon l’Abiec.
Hong Kong reste le principal client en volume, suivi de l’Égypte et de la Chine.