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UE/Mercosur : reprise des discussions, entre pressions et oppositions

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Après une pause en fin d’année liée à l’échec de la tentative de conclusion, les pourparlers entre l’UE et le Mercosur sont relancés à la suite de l’entretien téléphonique positif du 9 janvier entre le chancelier allemand et le président argentin. Dans le même temps, des industriels européens poussent pour une finalisation sans tarder des négociations tandis que le Parlement français continue de marquer une opposition franche à l’accord.

Après l’échec de la finalisation de l’accord en décembre, les discussions commerciales entre l’UE et le Mercosur reprennent. Du côté de la Commission européenne, le discours reste le même : volonté de poursuivre les discussions dans un esprit constructif et maintien de l’ambition de les conclure rapidement. C’est le sens de la rencontre du 17 janvier entre le vice-président exécutif en charge du Commerce, Valdis Dombrovskis, et la ministre argentine des Affaires étrangères, Diana Mondino, en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos (Suisse). Elle fait suite à l’échange téléphonique du 9 janvier entre le chancelier allemand Olaf Scholz et le nouveau président argentin Javier Milei au cours duquel les deux dirigeants ont convenu de la nécessité de conclure rapidement les négociations.

Lire aussi : UE/Mercosur : des négociations suspendues à l’investiture de l’Argentin Javier Milei

Parallèlement, dans un courrier adressé aux présidents de la Commission (Ursula von der Leyen), du Parlement (Roberta Metsola) et du Conseil européen (Charles Michel) le 11 janvier, 23 organisations professionnelles représentant un large éventail de secteurs industriels appellent les institutions européennes à conclure sans plus tarder l’accord commercial avec le Mercosur. Parmi elles, plusieurs signataires sont issus du secteur agroalimentaire (notamment lait, vin, spiritueux, biscuits). Selon ces organisations, la conclusion rapide des négociations permettrait d’améliorer la compétitivité des différents secteurs en diversifiant les chaînes de valeur. En outre, ils mettent en avant les bénéfices pour l’UE d’être le premier à conclure un accord avec les pays du Mercosur, ce qui permettrait aussi de réduire considérablement les barrières tarifaires et non tarifaires élevées. Au-delà de ce point, les signataires estiment que l’accord devrait contribuer au maintien d’une « structure industrielle forte dans l’UE, y compris dans les zones rurales », ayant pour conséquence, selon eux, de conserver des emplois. « L’accord est donc un impératif économique, social et géopolitique », est-il indiqué. Cette publication permet une nouvelle fois à l’industrie de prendre position en faveur de l’accord.

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Opposition sénatoriale

Toutefois, en France, l’opposition à l’accord semble toujours aussi vive. À l’occasion d’une séance publique le 16 janvier, le Sénat a adopté à l’unanimité une proposition de résolution transpartisane se prononçant contre la signature de ce traité commercial considérant que « les conditions démocratiques, économiques, environnementales et sociales ne sont pas réunies ». Pour sa première prise de parole dans l’hémicycle, Stéphane Séjourné, le nouveau ministre français des Affaires étrangères, est d’ailleurs allé dans le sens de la résolution, estimant qu'« en l’état, [l’accord] devra être amélioré ». Dans le détail, les sénateurs pointent notamment l’absence de clauses-miroir et s’opposent à l’adoption séparée des différents volets du texte. Ce vote a notamment été salué par Patrick Bénézit, président des éleveurs bovins français (FNB), qui estime qu’il « revêt une importance majeure » puisque « le Parlement français tout entier » s’oppose désormais à l’accord. Le président Macron, qui avait exprimé en décembre son désaccord vis-à-vis de l’accord en l’état, doit se rendre au Brésil le 27 mars où le sujet devrait être à l’ordre du jour.