L’UE et le Mexique vont s’efforcer de boucler avant la fin de l’année les négociations pour la « modernisation » des dispositions commerciales de leur accord bilatéral qui ont été mises en œuvre en 2000. Mexico ne veut pas rester « paralysée » par la remise en cause de l’accord de libre-échange nord-américain par Donald Trump.
L’UE et le Mexique ont convenu d’accélérer les négociations pour la modernisation de leur accord « global », et « se sont engagés à (les) conclure avant la fin de l’année », a déclaré la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, à l’issue d’un entretien, le 8 mai à Mexico, avec le ministre mexicain de l’économie, Ildefonso Guajardo. « Il devient important d’envoyer un message clair que nous n’allons pas rester paralysés devant le défi qui nous attend avec la renégociation, avec Washington, de l’Alena (accord de libre-échange nord-américain) », a estimé le ministre mexicain. « Nous voulons faire du commerce, nous donnons ce signal que nous sommes prêts et nous voulons construire des ponts, pas des murs », a renchéri la commissaire européenne.
Intérêts offensifs européens dans le domaine agricole
L’accord « global » entre l’UE et le Mexique est entré en vigueur en 1977 tandis que les dispositions relatives au libre-échange entre les deux parties ont été appliquées en 2000. Les négociations pour la modernisation de ces dispositions ont été lancées en mai 2016, et la dernière session de pourparlers a eu lieu du 3 au 7 avril à Bruxelles (1).
L’ouverture accrue du marché mexicain pour les produits agricoles fait partie des intérêts offensifs de l’Union, notamment dans les secteurs des produits laitiers et du porc. Parallèlement, l’UE insiste sur les mesures sanitaires et phytosanitaires et veut obtenir la reconnaissance et la protection de ses indications géographiques (300 IG sont sur la table des discussions).
Les exportations de marchandises de l’Union vers le Mexique ont atteint 34 milliards € en 2016, et ses importations en provenance de ce pays 20 Mrd €. La part des produits agroalimentaires dans ces échanges était respectivement de 3,9 % et 6,6 %.
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(1) Voir n° 3549 06/06/16
Rapport de l’OMC
Les droits de douane appliqués par le Mexique sur les produits agricoles ont été ramenés en moyenne de 20,9 % en 2012 à 14,3 % en 2016, mais ils restent supérieurs au tarif moyen tous secteurs confondus, qui est de 5,5 %, selon le 6e rapport de l’OMC sur la politique commerciale de ce pays qui a été discuté les 5 et 7 avril à Genève. De plus, les droits les plus élevés par catégorie de produits visent toujours les produits agricoles, en particulier le sucre et la confiture, ainsi que les animaux et produits d’origine animale, qui sont assujettis respectivement à des droits de respectivement 40,9 % (63,3 % en 2012) et 24,8 % (48,2 %), précise le rapport. Par ailleurs, certains produits agricoles sont soumis à des droits saisonniers et d’autres à « des droits composites, dont la composante spécifique varie en fonction de la teneur en sucre ».
Le Mexique « accorde toujours un soutien au secteur, dans le cadre de plusieurs programmes définis chaque année », souligne également l’OMC. « La majorité de ces programmes ont une portée nationale et peuvent être utilisés pour tout type d’activité agricole. Néanmoins, il existe certains programmes spécifiques, dont seuls les petits producteurs de café, de haricots et de maïs et les personnes vivant dans des conditions de pauvreté extrême peuvent bénéficier ».