À l’issue d’une septième session de négociations sur la relation post-Brexit avec Londres, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, s’est dit, à l’occasion d’une conférence de presse le 21 août, « déçu et préoccupé » par l’absence d’accélération des négociations. Il a notamment regretté le manque de volonté des négociateurs britanniques de progresser sur les sujets fondamentaux. « Il n’y aura pas d’accord “zéro tarif zéro quota” si les Britanniques ne donnent pas de garanties suffisantes pour trouver une solution équitable et durable pour les pêcheurs européens et pour assurer un cadre crédible et opérationnel de conditions de concurrence équitable (normes sociales, environnementales, aides d’État, ndlr) », a-t-il déclaré. Et d’ajouter qu’« il n’y aura pas d’accès à la carte au marché unique européen ». Michel Barnier a donc appelé les Britanniques à « une cohérence réglementaire », condition indispensable pour trouver un accord équilibré. « À ce stade, un accord avec le Royaume-Uni et l’UE semble peu vraisemblable. Je ne comprends tout simplement pas pourquoi nous gâchons un temps précieux », a-t-il également regretté.
De son côté, le Royaume-Uni reproche à l’UE de rendre « inutilement difficiles » les négociations sur le Brexit. Londres cherche depuis le début un accord de libre-échange similaire à celui que Bruxelles a déjà conclu avec le Canada (1). Toutefois, même si le temps presse, les deux parties gardent espoir d’arracher un accord. Mais pour y parvenir, l’UE invite Londres à soumettre des « propositions concrètes sur tous les sujets afin de consolider le texte juridique » dans le cadre de la prochaine session de pourparlers qui aura lieu à Londres du 7 au 11 septembre. Un accord doit être trouvé au plus tard fin octobre afin de laisser le temps au Conseil et au Parlement européen de le ratifier, avant la fin de la période de transition qui expire le 31 décembre 2020. À défaut, les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), assorties de leurs droits de douane élevés et leurs contrôles douaniers, s’appliqueraient aux relations commerciales entre l’UE et le Royaume-Uni. Une perspective qui ne serait pas souhaitable pour des économies déjà fragilisées par la pandémie de Covid-19.
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(1) Voir n° 3753-3754 du 03/08/2020