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Ukraine : la guerre accroît les risques au Moyen-Orient, prévient la Banque mondiale

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Les pressions inflationnistes, exacerbées par la guerre en Ukraine, accroissent les risques de troubles sociaux et humanitaires dans les pays les plus pauvres au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), affirme la Banque mondiale dans un rapport publié le 14 avril. « La hausse des prix des denrées alimentaires pourrait avoir des effets considérables, au-delà de l’augmentation de l’insécurité alimentaire », écrit l’institution dans ses dernières prévisions économiques, soulignant que « historiquement, dans la région MENA (Middle East-North Africa), les augmentations des prix du pain ont contribué à davantage de troubles sociaux dans les pays pauvres tels que des manifestations contre le gouvernement, des émeutes et des conflits civils, ainsi qu’une détérioration importante des institutions démocratiques ».

Dans la région MENA, qui dépend fortement des approvisionnements en blé de la Russie et de l’Ukraine, le conflit va « probablement exacerber les pressions inflationnistes provoquées par la pandémie de Covid-19 », souligne le rapport. Selon la Banque mondiale, le taux d’inflation devrait passer de 1,2 % en 2021 à 3 % cette année dans les riches pays du Golfe producteurs de pétrole. Les pays importateurs, eux, subiront une inflation de 3,7 %, contre 1,4 % l’an dernier. La Banque mondiale explique également dans son rapport que « la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires pourrait améliorer la balance commerciale et le solde budgétaire des pays exportateurs de pétrole de la région MENA » tout en ajoutant que « cela aurait tout de même des conséquences négatives sur les consommateurs de ces pays ». Alors que pour les pays importateurs de pétrole (Liban, Tunisie, Égypte…), « les subventions alimentaires seront difficiles à maintenir avec des ressources limitées ».

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Pour répondre aux enjeux posés par l’insécurité alimentaire, « une réponse efficace des pouvoirs publics consisterait à renforcer des programmes de protection sociale tels que les transferts monétaires directs aux familles pauvres et vulnérables », avance la Banque mondiale. Tout en prévenant que « la soudaineté de la flambée des prix risquerait d’inhiber cette réponse tendant à moderniser les systèmes de protection sociale ».