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Financement participatif Ulule : une alternative pour investir

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Pas moins d'une centaine de projets ayant trait à l'agriculture ont été financés depuis 2011 sur la plateforme de financement participatif parisienne Ulule. Son directeur général adjoint, Mathieu Maire du Poset, nous explique les ressorts de ce nouveau mode de financement.

Qu'est-ce que Ulule ?

C'est la première plateforme de financement participatif en Europe, créée il y a quatre ans. Nous avons financé 8 100 projets, pour un montant total de 29 millions d'euros. Ulule compte 670 000 utilisateurs. La moyenne des projets financés est de 4 000 euros, le record est de 700 000 euros. Nous recevons 2 000 projets par mois, nous en acceptons 70% ; la condition, c'est que le projet ait une portée collective.

Que représente l'agriculture chez Ulule ?

C'est un champ nouveau, qui se développe doucement. Ce n'est pas forcément connu chez les agriculteurs, les gens découvrent. Nous avons financé 150 projets qui contiennent le mot-clé agriculture ; ce n'est pas une rubrique à part entière. Chez Ulule, les projets agricoles sont très variés. Cela peut être des animaux, du matériel agricole. J'ai par exemple en tête le cas d'une maraîchère qui a eu besoin de matériel spécifique pour faire des soupes. Nous venons aussi de boucler un projet de financement d'une coopérative de production de gelée royale, pour un montant de 20 000 euros. Sur Ulule, les agriculteurs ont souvent des conduites respectueuses de l'environnement, plutôt « écolos ».

Mathieu Maire du Poset : « Il faut aller chercher le grand public. Nous, nous sommes là pour monétiser ces démarches »

Quelles sont les contreparties proposées par les agriculteurs en échange du financement de leurs projets ? (voir encadré)

Les agriculteurs qui viennent sur notre plateforme font généralement des produits finaux, comme du fromage, ou des légumes, qu'ils peuvent offrir aux donateurs. Ils proposent, sinon, la découverte de leur ferme, une expérience de travail agricole comme la traite des vaches, ou une rencontre.

Vous n'acceptez que les projets « à portée collective ». Que peuvent apporter les agriculteurs au collectif dans leurs projets ?

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Par portée collective, on entend qu'il ne faut pas qu'il n'y ait qu'une seule personne bénéficiaire du projet ; il ne s'agit pas de financer son permis de conduire. Dans le cas d'entrepreneurs, il y a une amélioration de leur offre, des produits ; et ce sont les clients, la communauté qui en bénéficient.

Qu'est-ce que Ulule peut apporter aux agriculteurs ?

Dans de nombreux corps de métier comme l'agriculture, les professionnels ont du mal à se tourner vers le public, sauf ceux qui faisaient déjà de la vente directe par exemple. Si l'agriculture a besoin de développer sa communication, elle doit aller chercher les gens où ils se trouvent ; aujourd'hui, ils sont sur les réseaux sociaux. Il faut les utiliser, aller chercher le grand public. Nous, nous sommes là pour monétiser ces démarches. Mais avant cela, il y a un grand intérêt pour l'agriculture, et c'est vrai pour de nombreux métiers d'artisanat, à créer une communauté autour de son métier.

Au travers de ce que vous observez sur Ulule, qu'est-ce que les agriculteurs peuvent améliorer ?

Ce qui est compliqué, c'est qu'ils n'ont pas l'habitude de communiquer. Soit il manque cette fibre de la communication, soit les capacités ; avoir de jolies photos, des textes bien ficelés. Nous pouvons les accompagner. Il y a de plus en plus de gens connectés dans l'agriculture, plus qu'on ne le croit. Mais il leur manque souvent les outils ; ce sont d'ailleurs souvent les plus jeunes qui portent les projets.

Les entreprises viennent-elles aussi chez vous, non pas pour se financer, mais pour tester leurs projets, leurs orientations ?

De plus en plus, surtout quand les projets sont liés à des produits. Dans l'édition, notamment de beaux livres, cela permet d'amener des fonds, mais aussi de tester les projets, voir qu'il y a des gens en face, corriger le plan marketing si nécessaire.

Financement participatif : Miimosa, Kisskissbank et les autres

Derrière le concept « financement participatif », se trouvent le plus souvent des sites internet créés à partir de la fin des années 2000, Kisskissbank, Kickstarter ou Ulule, qui proposent une version rénovée du don avec contrepartie. Sur ces plateformes, tout un chacun peut créer gratuitement une page de présentation de son projet, à partir de laquelle il appellera au don des utilisateurs pour une somme donnée, et proposera des contreparties en fonction des montants accordés (par exemple, un exemplaire dédicacé dans le cas de l'édition d'un livre). La diffusion rapide du projet au travers des réseaux sociaux donne toute sa force à ce nouveau type de financement. En novembre dernier, une plateforme, dénommée Miimosa, a même été créée à destination de l'agriculture et à l'alimentation, avec le soutien de la FNSEA, des JA et des chambres d'agriculture.