Les négociateurs européens de l'accord de libre-échange avec le Japon espèrent toujours parvenir à un accord de principe avant la fin de l'année. Les mesures non tarifaires du Japon sont une des principales préoccupations de l'UE, qui veut aussi renforcer la reconnaissance de ses indications géographiques dans ce pays. Pour Tokyo, la protection à l'importation de certains secteurs agricoles est une question très sensible.
À l'exception de la propriété intellectuelle, y compris les indications géographiques, qui sera discutée ultérieurement, tous les principaux sujets – accès au marché, barrières techniques aux échanges, mesures sanitaires et phytosanitaires, coopération réglementaire... – étaient sur la table lors de la 9e session de négociations de l'accord de libre-échange entre l'UE et le Japon qui s'est tenue du 23 au 27 février à Bruxelles. Du côté européen, on assure que cette série de pourparlers a permis « d'avancer dans la consolidation des textes dans plusieurs domaines », et on espère toujours un accord d'ici la fin de 2015 (1).
Lignes rouges
Les deux parties ont discuté d'une deuxième liste d'obstacles non tarifaires japonais dont l'UE veut la suppression, liste transmise à Tokyo en décembre 2014 et qui inclut de nombreuses mesures dans le domaine de l'alimentation, notamment en matière d'additifs.
Pour l'accès au marché, l'échange des offres tarifaires a eu lieu au printemps dernier, mais, à ce stade, les listes de produits sensibles ne sont pas connues. Pour le Japon, le riz, le sucre, le bœuf, le porc et les produits laitiers constituent traditionnellement des lignes rouges. Ces produits ne feront l'objet d'une offre de Tokyo qu'au stade final des négociations.
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Du côté européen, la principale ligne rouge est l'automobile. Dans le domaine agricole, l'UE veut aussi obtenir une protection des indications géographiques plus étendue que celle assurée uniquement par la législation japonaise.
(1) Voir n° 3456 du 14/07/14
Yoshimasa Hayashi a de nouveau été nommé ministre de l'agriculture dans le gouvernement japonais de Shinzo Abe, fonction qu'il avait quittée il y a seulement six mois, après l'avoir occupée pendant deux ans. Son prédécesseur, Koya Nishikawa, a démissionné le 23 février, à la suite d'irrégularités de financement politique. Il a reconnu avoir reçu un don de 1 million de yens (7 400 €) d'une compagnie dirigée par un groupe réunissant divers fabricants de sucre, auquel le ministère avait accordé quelques mois plus tôt une allocation d'un montant de 1,3 milliard de yens. Koya Nishikawa était un acteur clef des négociations en cours pour la conclusion d'un accord de libre-échange transpacifique.