Producteurs de lait et industriels ont conclu le 13 septembre un accord - provisoire - sur le prix du lait payé aux producteurs, lors d’une réunion menée sous l’égide d’un médiateur du gouvernement. L’accord prévoit une baisse du prix payé aux producteurs de 6,5 euros pour 1000 litres en septembre et de 8,8 euros en octobre, novembre et décembre. Il s’y ajoute une flexibilité additionnelle accentuée et élargie à plus d’entreprises.
L’accord conclu est un « accord de raison », a estimé la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Trois objectifs ont prévalu dans la conclusion de ce compromis, a-t-elle précisé dans un communiqué. Il fallait « sortir de l’anarchie des mois de juillet et août, où la spirale sans fin de baisses hétérogènes menaçait de déstabiliser la filière ». L’autre priorité était de limiter le niveau des baisses qui vont « s’échelonner en moyenne annuelle de 6,8 à 11,1 euros par 1.000 litres », ajoute la fédération.
Enfin, il était nécessaire d’instaurer « une trêve » pour donner une chance à la filière laitière française de s’organiser pour relever les défis auxquels elle est confrontée : « stabiliser les procédures d’évolution des prix, prévenir les effets “dominos” consécutifs à la réforme de la PAC, développer la consommation des produits laitiers et assurer la valorisation des marchés », rappelle la FNPL. Cet accord donne de la visibilité sur quatre mois « alors même que s’amorce une dégradation des marchés due à la morosité de la consommation, à l’abondance de la production et à la gestion désastreuse de la Commission européenne », conclut la FNPL.
Visibilité
Cet accord donne un délai qui devra être « mis à profit, souligne le ministère de l’Agriculture, pour ouvrir dans les prochains jours la réflexion sur un nouvel équilibre de la filière résultant de la réforme de Luxembourg ». Le ministère annonce d’ailleurs la constitution d’un comité de pilotage entre les trois présidents des fédérations membres du CNIEL et qu’animera Jean-Daniel Besnard, le médiateur récemment désigné par Dominique Bussereau.
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Un accord imminemment politique
Au sortir de plusieurs semaines de crise ouverte, cet accord apparaît éminemment politique, issu d’une pression extrêmement ferme des pouvoirs publics au moment où le Premier ministre devait faire son premier discours de politique agricole au salon de l’élevage (SPACE) à Rennes.
Pour les industriels, il est clair que le travail qui reste à faire dans les quatre mois à venir avec les producteurs est maintenant bien engagé : le consensus a été rétabli sur la nécessité de prendre en compte la problématique beurre-poudre et de réduire le phénomène des laits flottants à travers une flexibilité additionnelle élargie Note : Dès ce dernier quadrimestre, trois classes de mix-produit sont définies autorisant des baisses supplémentaires de 1,8 à 5,3 euros pour les entreprises très engagées en produits industriels (beurre, poudre) et d’autres mécanismes à améliorer ou à inventer, mais qui ne sont pas forcément celui d’un fonds de péréquation dont parlait la Coopération laitière l’autre semaine.