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Commerce international Un accord sur le sucre à l’OMC aurait peu d’impact sur les échanges mondiaux

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Grâce à des clauses dérogatoires, les Etats-Unis et l’UE devraient parvenir à éviter de trop fortes réductions de leurs droits de douane sur le sucre dans le cadre d’un accord au terme du cycle de Doha, affirme une étude réalisée par un centre d’analyse à Genève. Globalement, le projet de compromis sur la table aurait un « faible impact » sur les échanges mondiaux dans ce secteur.

Une étude publiée par l’International Centre for Trade and Sustainable Development (Genève) tend à démontrer que les Etats-Unis et l’UE pourraient, à l’issue des négociations de l’OMC, éviter des baisse de 70 % de leurs droits aux frontières pour le sucre en utilisant les clauses permettant à chaque pays de protéger ses produits agricoles « sensibles ».
Des baisses tarifaires moins fortes pour ces produits devraient être compensées par un accroissement des quotas d’importation. Selon l’étude réalisée par Amani Elobeid, de l’Institut de recherche sur les politiques alimentaires et agricoles de l’université de l’Iowa (Etats-Unis), le nouveau quota ne dépasserait pas 2 millions de tonnes dans le cas de l’UE, soit une progression de 700 000 tonnes à 4 % de la consommation intérieure.
Le quota d’importation américain pourrait même augmenter dans de moindres proportions, de moins de 300 000 tonnes, à 1,4 million de tonnes.

Des risques pour l’UE
De toute façon, assure l’étude, la hausse des quotas d’importation de sucre représenterait « 3 % seulement du commerce mondial ». C’est la Malaisie et l’Afrique du Sud qui devraient le plus augmenter le leur, le Venezuela et les Etats-Unis le moins.
Et même si tous les pays devaient appliquer intégralement les baisses tarifaires normales prévues par le projet d’accord de décembre 2008, les échanges de sucre ne progresseraient au total que de 0,7 % et les prix de 1 % en moyenne, soit, « globalement, un faible impact ».
Reste que les nouveaux plafonds prévus pour les subventions agricoles qui faussent le plus les échanges, celles de la « boîte orange », seront contraignants pour quelques membres de l’OMC, comme l’UE, le Japon, les Etats-Unis ou l’Afrique du Sud, poursuit l’étude du Centre for Trade and Sustainable Development.
L’UE risque aussi d’être affectée par l’élimination des subventions à l’exportation. Elle « pourrait être contrainte de réduire encore ses prix intérieurs et sa production », estime l’auteur.

Gagnants et perdants
En définitive, prévoit l’étude, les pays les plus touchés par la libéralisation des échanges seront vraisemblablement les exportateurs traditionnels de sucre sur le marché européen qui bénéficient de régimes préférentiels. Parmi ces pays, les principaux perdants seraient ceux où les coûts sont élevés : Barbade, Fidji, Guyana, Jamaïque, Maurice.
A l’inverse, les principaux bénéficiaires de l’ouverture des marchés seraient le Brésil, l’Australie et la Thaïlande.

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