Les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-sept se retrouvaient le 9 mai à Sibiu, en Roumanie, pour des échanges de vues informels sur l’« agenda stratégique » de l’Union pour le prochain cycle institutionnel 2019-2024 qui, assombri par l’interminable feuilleton du Brexit, démarrera avec l’arrivée en juillet des eurodéputés nouvellement élus pour cinq ans, puis celle en novembre d’une nouvelle Commission européenne (1). Ils devaient aussi aborder la question de la nomination des prochains dirigeants des institutions de l’UE (2).
Une Pac « modernisée »
Dans sa contribution aux débats sur cet agenda qui doit être formellement adopté par les chefs d’État et de gouvernement lors de leur sommet des 20 et 21 juin, la Commission présidée par Jean-Claude Juncker souligne notamment la nécessité de « renforcer (les) efforts pour lutter contre le changement climatique et inverser la dégradation de l’environnement ». Selon elle, « une politique agricole commune modernisée devrait soutenir cette approche intégrée de la durabilité ».
Principales « réalisations » et « chiffres clefs » de la Commission Juncker
Dans une des annexes de sa contribution, l’exécutif européen recense le « Top 20 des réalisations de l’UE 2014-2019 », sous sa mandature, dont font partie, selon lui, la déclaration conjointe du 25 juillet 2018 du président Donald Trump et de Jean-Claude Juncker censée éviter que ne s’enveniment les relations euro-américaines, les accords commerciaux avec le Japon et le Canada ainsi que la réforme de la directive sur le détachement des travailleurs.
Dans une autre annexe, la Commission présente ce qu’elle considère comme les « chiffres clefs » de sa mandature, notamment la protection de 232 signes de qualité agroalimentaires supplémentaires (+19 %) – parmi lesquels, précise-t-elle bien à propos, le saucisson sec roumain… « Salam de Sibiu », enregistré comme IGP en février 2016 (3).
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(1) et (2) Voir même numéro
(3) Voir n° 3535 du 29/02/16
Climat : appel de 8 États membres
« Du fait de son importance fondamentale pour l’avenir de l’Europe, comme défi et comme opportunité, la lutte contre le changement climatique doit être la clef de voute de l’agenda stratégique européen pour la période 2019-2024 », affirme un texte signé par la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède. Ce texte a été envoyé à l’ensemble des pays membres de l’UE avec l’espoir que « d’autres le signeront avant ou après Sibiu », indiquait-on le 7 mai du côté français.
Plaidoyer pour une « politique alimentaire européenne intégrée »
Dans une lettre ouverte du 8 mai adressée aux candidats (« Spitzenkandidaten ») à la présidence de la prochaine Commission européenne, la Coordination européenne Via Campesina et 32 ONG et groupes de réflexion, dont Greenpeace, les Amis de la Terre, l’Ifoam (bio) ou encore le Bureau européen de l’environnement (EEB), appellent l’UE à « élaborer une politique alimentaire européenne intégrée au cours de la prochaine législature ». Selon elles, « un vice-président de la Commission chargé de garantir la durabilité de nos systèmes alimentaires devrait coordonner les efforts des différentes directions ». « Une transition vers des systèmes alimentaires durables s’impose de toute urgence », affirment les signataires.